vendredi 15 janvier 2010

Bienfaisance 3.5 à la Java le 04/02/2010 : SuperBravo - Mr Go & Mr Ma





Avant goût des Jeux Olympiques d'hiver, le grand froid qui sévissait sur la capitale avait fortement freiné mes sorties nocturnes, mais il était inenvisageable qu'il m'empêche de me rendre à la Java, rue du Faubourg du Temple, pour cette soirée Bienfaisance 3.5 organisée par le mythique label « Les Disques Bien ».
Après plusieurs et vaines tentatives (« Putain Jo, je te connais depuis vingt ans et je SAIS que ces soirées sont faites pour toi »), un de mes meilleurs amis, Jo donc, s'était enfin décidé à venir tester la « Bienfaisance ixpirience ». Il en est reparti délicieusement conquis par l'originalité et la qualité des prestations offertes, ainsi que par l'épatante et chaleureuse convivialité inhérente à ces soirées. Une convivialité qui débuta dès le pas de la porte d'entrée de La Java avec l'amical accueil de Flop et des charmantes hôtesses Bien. La porte franchie, les affres du quotidien hivernal s'oublient au fur et à mesure que l'on descend l'élégant escalier double qui mène vers la salle, cet euphorisant a encore fait son bienfaisant effet ce soir là.
Au bar, les discussions allaient bon train autour des innombrables rumeurs et questions qui accompagnent chaque venue de la chanteuse synthétique Harmonie dans la capitale. Est-elle venue en jet privé, dans un bus spécial depuis la Creuse ou anonymement dans un train lambda ? Accompagnée par Mr Go et Mr Ma certes, est-elle venue avec son ou sa fiancé(e) ? Est-elle installée dans un palace parisien ou bien calfeutrée dans un appartement du Pré Saint Gervais ? Où se déroule l'hypothétique aftershow ? Quid de la setlist et d'éventuelles nouveautés ? Mr Go a-t-il grossi ? Le set sera-t-il immortalisé par quelques cameras miniatures du CRNS (Centre de Recherche Non Subventionné des Disques Bien) ou, bien pire, par les rivaux du GRM (Groupe de Recherche Musical) de Radio France ?
Avant de me joindre à la conversation, je jette un coup d'oeil à la scène pour y voir l'imposant et antique magnétophone Revox Studer qui est déjà en place, front stage, bande magnétique chargée. Je me rapproche en loucedé et constate qu'Harmonie arbore une robe magnétique neuve du plus bel effet.
Seul, face à elle, dans un presque silence, je la regarde, elle me regarde. Je suis, malgré moi, en train de succomber à son charme magnétique.
Quelques instants plus tard, à 21h29, le moustachu monsieur Loyal de la soirée nous invite à prendre nos places (certes assises mais à même le plancher du dancefloor) et à nous délecter du fruit des recherches du CRNS, un fruit qui ne s'offre que trop rarement dans l'année : une représentation de Mr Go et Mr Ma.
21h32 : Mr Ma (rasé d'assez près de telle manière qu'il semblait avoir rajeuni d'au moins dix ans) fit son entrée sur scène suivi du sombre et énigmatique Mr Go. Il déclencha le Revox Studer et les trois artistes mirent une touche finale à leur préparation : Mr Ma finit d'accorder sa belle guitare blanche, Mr Go fit de même avec son ukelele, tandis qu'Harmonie se lança dans une inouïe séance de vocalises allant du très très grave au très très aigu, de Mariah Carey s'électrocutant à Ivan Rebroff grelottant de froid.
Ceci fait, la magnétique belle nous salua, nous remercia pour notre présence puis, charmeuse, nous enjôla par un « Vous êtes tous très beaux »... malheureusement conclu par un « et plus particulièrement Vincent Mougel » qui engendra un petit bruit, celui d'un gros bris sous la partie gauche de ma cage thoracique. Je tournai prestement la tête et constatai sur le visage de quelques voisins que mon coeur n'avait pas été le seul à s'être brisé. Quant au Kid de Clouange, effrontément « dragué » devant tout le monde, il remua légèrement la tête, avec un sourire un peu gêné, « à la » Prince.
Bref...
Heureusement, je n'ai pas eu vraiment le temps de m'appesantir sur cette déception, car je fus instantanément happé par un show hors du commun durant lequel Mr Go et Mr Ma et leur création se sont mis à nus, révélant tout du mystérieux centre de recherche du CRNS situé à Guéret (et tellement Bien camouflé qu'il reste introuvable via google earth). A travers un répertoire composé de quelques tubes d'Harmonie (les motherfuckers présents furent une nouvelle fois comblés par le « Enculeurs de maman », le très original et brillant solo aussi robotisé qu'hendrixien de ukulele) et de nouveaux titres dont certaines très aventureux nous amenèrent jusque dans la savane, nous avons su tout ce que nous espérions savoir de l'harmonieuse et palpitante vie quotidienne au sein du centre de Guéret. Il fut, par exemple, particulièrement plaisant de savoir, lors de la présentation très détaillée du ukelele de Mr Go, que le CRNS partage avec Prince l'amour du bois des forêts du Minnesota. A l'attention de ceux qui auront le bonheur d'assister à ce show, et pour préserver les effets des différentes surprises du show et le secret confidences faites par Harmonie, je n'évoquerais ici que les trois duos. Tout d'abord le stellaire duo vocal « amoureux » entre Harmonie et Mr Ma : très très sensuel, il m'a donné une gênante et perverse impression de voyeurisme. Ensuite, le duo entre Mr Go et Mr Ma, tout au long du spectacle, terriblement concentrés sur leur art et leur passion pour leur magnétique création. Enfin, le duo chorégraphié entre Harmonie et Mr Go : si le ludique Dharmonie Code fit notre ravissement l'année dernière, ce en version collective, il fut étincelant cette année avec Harmonie aux directives et Mr Go, seul, à la chorégraphie. Difficile de décrire cette incroyable performance dansée, si ce n'est qu'elle m'a fait regretter qu'elle ne fut pas présentée plus tôt, hélas, à notre cher patineur olympique Brian Joubert pour en faire son « programme court ». Nul doute que la modernité de cette expérience musicale alliée à cette gestuelle, aux petits pas en rythme et à l'élégance de la position « astral » eussent tôt fait de séduire les juges chargés de noter les épreuves olympiques de patinage artistique (oui, Flop, je sais, tout patinage est artistique ou aucun patinage ne l'est). C'est aussi Mr Go qui, dans une presque pénombre, fut chargé de clore le show en mettant fin au déroulement de la robe magnétique d'Harmonie..
Une nouvelle fois, le CRNS fit un triomphe, acclamé par un public pour le moins fasciné par cette expérience très originale, que j'ai trouvé encore meilleure que les précédentes (cela aussi est assez admirable), avec une mention spéciale pour le très élégant et inédit light show.
A mes côtés, Jo afficha un visage béat d'admiration. Bienvenue chez toi Jo !

Entracte avec mini réunion scopi-schkopi à laquelle vint se joindre le Kid de Clouange, aimanté par la vue orangée d'un CD de Variety Lab. C'est toujours un grand plaisir de vous voir girls&boys !

SuperBravo aka Armelle du brillant groupe « Holden » prit possession de la scène avec sa guitare pour le deuxième set de la soirée. Non sans humour, elle préféra nous prévenir qu'elle allait chanter en anglais et confessa qu'il était bien difficile de passer après une telle performance. Surtout, si la plongée psychologique et les titanesques et technologiques travaux, tant musical que de mise en scène, proposées par le CRNS pouvaient remémorer une version aussi puissante que minimaliste de « The wall » des Pink Floyd, la chanteuse eut le goût exquis de nous proposer une sublime cover de Syd Barrett : l'excellent « Wined and dined ». Malgré quelques soucis techniques qui troublèrent plus l'artiste que le très attentif public, SuperBravo et sa voix magnifique enveloppèrent chaudement La Java avec un répertoire pop délicat et précieux. C'était envoûtant, doux et beau. Un magnifique moment, auquel participa un brillant guitariste look rockabilly qui empoigna la fameuse guitare blanche de Mr Ma, et qui fut conclu... en français sur un titre d'Holden. Assurément, ce projet solo est une grande réussite et, pour moi, une très belle découverte. Une de plus lors des soirées « Bienfaisance » des disques Bien à la Java...

PS : Si la section archéologie du CRNS lit ces lignes, je lui suggère d'étudier attentivement au carbone 14 la fameuse guitare blanche de Mr Ma. Si ma mémoire ne me fait pas défaut, il me semble l'avoir déjà vue dans les mains d'une bonne vingtaine de musiciens, et pas des moindres, faisant de cet instrument un monument déjà historique de ce début de 21ème siècle.

mercredi 9 décembre 2009

Bienfaisance 3.4 à La Java le 07/01/2010 : Dana Boulé - Kidsaredead




Cette Bienfaisance 3.4, je l'attendais tout particulièrement, fébrilement. La présence d'un set (si rare) de Vincent Mougel aka KidsAreDead, souvent annoncé, régulièrement reporté, avait suscité une immense attente auprès de la fan base du Clouange sound.
C'est par un froid polaire que je retrouvais la chaleureuse équipe de la Java et la flopée de personnes Bien que je croise mensuellement lors des soirées Bienfaisance. Un peu plus d'une soixante dizaine de personnes avait bravé les intempéries et s'attardait au bar avant de rejoindre le devant de la mythique scène de la Java. Parmi elles se trouvaient une très imposante délégation des disques Bien, de fans de Prince (pas loin d'une dizaine) et de fans Mougelien (équipés d'une multitude d'appareil photos et de caméras) auxquels venaient s'ajouter les très sonores conversations en anglais de fans américains de la New Yorkaise Dana Boulé, l'autre étoile annoncée de la soirée. Au fil de mes rencontres et des discussions, je croise et salue un Vincent Mougel toujours aussi souriant. Je ressens alors un sentiment amusant : à quelques minutes du show, j'ai beaucoup plus le trac que lui.
21h34 : le constat est saisissant, comme les années précédentes, les médias du monde entier (ou presque) ont une nouvelle fois snobé la soirée « Bienfaisance » des disques Bien : moins fâcheux que consternant.
La B3.4 débuta par une première mondiale qui fera date, peut être, dans l'histoire de la musique pop: le premier concert de Ricky Hollywood & The Lowpets.. Je n'ai pas le temps de me placer et me trouve au fond de la salle au moment où Ricky, bellâtre blond surexcité, s'empare de la mythique scène de la Java, ce accompagné de charmantes danseuses déguisées en chattes blanches, faisant ainsi un lien parfait avec la décennie précédente et le survitaminé show du Club des chats, au même endroit. Ayant aperçu une ou deux fois le lascar en sideman lors de concerts Bien, je ne savais absolument pas quel registre il allait nous proposer. Placé derrière son synthé et son ordinateur gorgé de sons, il nous a proposé un set dansant qui m'a fait me replonger dans les années 80, mais peut être pas dans le répertoire qui égaya mes soirées de cette décennie qui fut celle de mes 13-23 ans. Ce fut un moment agréable, chaleureux par la voix, l'entrain et les inénarrables chorégraphies marsupilamiennes de Ricky Hollywood (j'ai repensé à l'excellent « La danse du Marsupilami » des Sax Pustuls). Totalement désinhibé au bout de quelques minutes, le sautillant et exalté Ricky fit remarquer, non sans humour (il en a beaucoup) : « Je ne comprends pas pourquoi vous ne dansez pas, pourtant c'est énorme ce que je vous envoies !».



Photo prise sur le vif par François Gallet aka French


Il faut Bien que je le reconnaisse, si le show m'amusait, il me tardait également qu'il s'achève afin de voir débarquer sur scène le grand pote de Ricky, le chantre adulé du Clouange sound, le mystérieux Grandmistakes, l'incomparable leader scénique des Variety lab, le kid surdoué et sideman prisé des disques Bien, le marsupilamien joueur de melodica de l'Est parisien, le genious du 57 et du 54, l'original DJ du « Jazz Montreux café » lors du pré-faux-aftershow de Prince, à la fois la pop star et l'anti pop star du 21ème siècle, le leader des KidsAreDead : Vincent Mougel.
22h11 : après avoir accompagné Ricky Hollywood sur un dernier titre, le KidsAreDead band prend tant bien que mal possession de la scène pour un set aussi brillant que rocambolesque. Le line up était composé d'authentiques lascars estampillés « Clouange sound generation » : Cyril Vettorato à la basse, Ricky Hollywood aux choeurs aux claps aux bongos au coeur et à la choré marsupilamienne, leur correspondant scolaire et musical chilien Cristian Sotomayor à la batterie, Vincent Mougel himself s'installant derrière ses deux claviers.
Passons rapidement sur l'aspect rocambolesque du set : l'imposant dispositif technique du band a suscité quelques soucis et retards et, malheureusement, une coupure intempestive du show : problème de pédale, problème de piles, "arrachage-tombé" des deux claviers qui n'ont pas résisté aux pulsions du jeune maître... Le public n'en a absolument pas tenu rigueur et est resté en mode "bouche bée" tout au long de la prestation, y compris la partie "américaine" du public qui fut pour le moins surprise et subjuguée par l'aura et le talent du Kid.
Cheveux courts, tenue aussi décontractée que faussement choisie au hasard (excellent le T-shirt purple Pauli avec l'indispensable tête de mort "Grandmistakes"), Vincent M nous a saisi d'entrée par sa pop bouillonnante et flamboyante, son immense talent vocal et son incroyable charisme. Il nous a guidé, avec humour, au fil de son répertoire pop aussi surprenant que brillant. Certains titres ont été retravaillés, d'autres moins, tous ont cependant suscité une sincère admiration : "Sistereo", l'incontournable tube "School returnz", le merveilleux et très princier "She loves me", l'inattendue reprise de Hall&Oates "Kiss on my list" (prolongation des covers jouées live à la radio dans les « Euphonies » sur Radio Campus), l'hymne »Playmobil Todd »...
L'incroyable musicalité de Vincent vous saute aux oreilles, tout autant que son charisme (plusieurs regards féminins brillaient lors de "She loves me")... mais moins que son incroyable voix qui vous saisit en moins de 8 dixièmes de seconde pour vous téléporter allègrement haut et loin.
La fin du set provoqua un brouhaha de commentaires admiratifs qui n'ont cessé jusqu'à la fin de la soirée, et se poursuivirent les jours suivants dans l'Est parisien. Voir KidsAreDead sur scène est véritablement bluffant, lumineux, énergisant, vivifiant. Ce jeune musicien est un Wizard, une true star.


Photo prise sur le vif par François Gallet aka French





Cependant... Oui, je me permets d'user d'un bémol.
Cependant donc, vu les talents du bonhomme je, et nous sommes encore plus en attente de quelque chose de plus abouti, sur scène comme sur disque (putain de merde, il n'y avait pas un skeud de KidsAreDead de disponible au stand merchandising après le concert).
Ce qui est véritablement déroutant lorsque l'on discute avec lui est qu'il semble évident que nous sommes tous beaucoup plus conscients de son « potentiel » que lui même. Sa plus que grande humilité est à l'opposé de la délicate cuistrerie d'un Tante Hortense, et plus encore du « Je peux me la péter grave et je me la pète grave» d'un Prince alors qu'il le pourrait, largement. Je ressens une terrible crainte, celle que le vif plaisir qu'il prend en tant que sideman à partager les jeux musicaux de tout un tas d'artistes (dont les Bien) ne transforme la KidsAreDead experience et le Clouange sound en quelques points virgules de son roman musical, que le prochain concert ne se déroule en avril 2013, qu'au final aucun album ne sorte...
Donc, à l'instar de certains fans princiers, je et nous souhaitons vivement la sortie d'un coffret numéroté et dédicacé comprenant la mise sur CD de la version remasterisée de tout le back catalogue « Clouange sound » proposés sur ses multiples sites myspace, quelques outtakes qui trainent dans la cave de la grand-mère à Clouange, une sélection de quelques titres et covers délivrées lors des « Euphonies » sur Radiocampus, et un T-shirt KidsAreDead avec une tête de mort.
La frustation est souvent présente chez les fans. Je suis un grand fan de KidsAreDead et donc ma frustration est pour l'instant TRES grande. Et encore, je n'évoque même pas celle à laquelle je ne m'attendais pas, engendrée par le fait qu'il n'ait même pas joué de guitare lors de ce set...

Bref...

Encore sous l'excitation de ce que nous venions d'entendre, il a fallu faire une pause dans les débats Mougeliens pour goûter le performance de Dana Boulé et les délicieux petits gâteaux qu'elle avait spécialement préparés à l'attention du public.
L'énergique chanteuse américaine se présenta à la tête des SOBS avec son complice et guitariste David Bixby et l'infatigable Cristian Sotomayor, pour un show en anglais brillant dynamique et chaleureux. Habitée par son art, la chanteuse accordéoniste et briseuse d'instruments en tous genres (un « shaker » fut concassé lors de cette B3.4) balaya un répertoire tantôt folk, tantôt quasi punk. Amusante dans la recherche de quelques mots en français, tchatchant avec gouaille et complicité avec ses compatriotes présents dans la salle, Dana s'est bien amusée et a largement fait partager son plaisir. Après un dernier titre en duo avec Vincent M et alors que nous pensions que le set était terminé, elle est finalement revenue sur scène pour un pur moment de grâce : s'accompagnant à l'accordéon, plus posée (en l'occurrence sur une chaise), elle enroba la Java d'un chant stellaire. Dana Boulé est dotée, non seulement d'un joli sourire et de vrais talents culinaires, mais aussi de multiples talents artistiques dont le chant. Dana chante très très Bien...

Le moustachu Monsieur Loyal des disques Bien reprit ses esprits et le micro pour annoncer le programme de la prochaine soirée de Bienfaisance prévue début février 2010, une annonce qui suscita quelques cris de joie :la divine Harmonie et ses sombres sbires Mr Go et Mr Ma sont annoncés...

jeudi 12 novembre 2009

Bienfaisance 3.3 à la Java le 03/12/2009 : Flop - Le club des chats




Cette Bienfaisance 3.3 était la dernière de l'année 2009, la dernière de la décennie 2000, elle fut un agréable et ludique voyage dans l'espace temps musical.
Lorsque le monsieur Loyal des disques Bien s'est adressé aux quelques dizaines de mélomanes présents à la Java (des Bienfaisants lovers, des fans de chats, des fans de Prince, des fans du club des chats, des fans du forum francophone des fans de Prince...), je me suis surpris à imaginer Patrice Blanc Francard ouvrant cette B3.3 comme il le faisait lors de la légendaire émission TV des années 70 « Pop 2 ». Je ne savais pas encore que cette soirée aurait très bien pu figurer dans « Pop 2 »... Certes, le public était bien moins nombreux que la veille pour la prestation de Mathieu Boogaerts, mais il a offert une qualité d'écoute qui a permis de rapidement s'évader du sombre et frileux quotidien de ce mois de décembre pour déguster les mystérieuses agapes musicales qui allaient lui être proposé.
Flóp avait, pour la 2 823ème fois, l'honneur de représenter le libre esprit artistique des disques Bien. En cette fin d'année, mon compteur musical qualitatif et quantitatif pour 2009 indique que Flóp fait à la fois partie de mon Top 4 des artistes que j'ai vu le plus souvent sur scène et que son disque « Tout le tremblement » fait partie du Top 2 des disques que j'ai le plus souvent écouté. Devrais-je en déduire que je suis fan ? Je ne sais pourquoi, mais je ne peux et ne veux toujours pas me résoudre à cette réalité... Si cette fin d'année engendre une certaine frustration quant à la non sortie de nouveaux disques du pourtant très prolifique Flóp (le Tremblement date du début de l'année), c'est avec le sourire aux lèvres que je me rends à ses shows. En effet, l'artiste Picpusien, pour son plaisir et le notre, met un point d'honneur à renouveler, lors de chacune de ses prestations, et son répertoire et la composition de l'équipe musicale invitée à partager ces moments.
J'avais été conquis par la radicalité et l'excellence de son duo avec Cristian Sotomayor lors de sa prestation quelques semaines auparavant en 1ère partie du show de Mathieu Boogaerts à la Java, cette fois-ci, il prit possession de la scène pour un show encore plus percussif mode double power trio, c'est à dire à 4. Confortablement installé sur le spot à droite de la scène avec une bonne pinte de bière, j'assiste alors à l'entrée en scène du « maître » qui s'installe sur la droite de la scène au milieu de ses jouets musicaux et derrière son micro. La gauche de la scène est occupée par Lori Sean Berg et sa batterie, prêts à battre la mesure de ce multicolore voyage musical. Derrière lui, Cristian Sotomayor et son sourire s'apprêtent à s'amuser de tous les instruments percussifs analogiques ou électroniques mis à sa disposition. Enfin, au centre se trouve le kid de Clouange aka Vincent Mougel, avec un synthé minimaliste (une torture de frustration, au moins pour ses fans), son grand talent vocal, et son jeu de jambes marsupilamien. Placer le lumineux kid de Clouange au centre, c'est assez osé, ou bien pensé si l'on souhaite oeuvrer dans l' »ombre »... Entre chanson française et dancehall en passant par une multitude de rythmes et de « genres » musicaux du XXème siècle, Flóp nous a offert quelques uns de ses plus beaux titres dont « Ils » (Eeels ?) et l'envoutant « Quoi » en duo-duel avec le Kid de Clouange. La fin du set fut également marquée par la très appréciée « guest appearance » de Christophe Rodomisto himself . Encore une fois, ce set Flópien fut un excellent moment.
Alors que, lors de la pause clope devant la Java entre les deux sets, je félicitais tout aussi chaleureusement que sincèrement le « quatuor Flóp », une sale nouvelle en provenance de Marseille vint interrompre notre aimable conversation : si Hatem Ben Arfa était heureusement toujours très décidé à rester au sein de l'effectif de l'Olympique de Marseille ; le docteur Socrates local, le cuistre délicat Tante Hortense venait de faire savoir que, atteint d'une grippe (pire que la « A », donc au moins alphabétique), il ne pouvait assurer son récital quelques jours plus tard à l'International » rue Moret à Paris. En deux minutes, l'affaire était conclue, Flóp allait le remplacer, mais en version trio sans Lori. Lors de ce show à l' »International », nul doute qu'il aura pu regretter l'incroyable qualité d'écoute du public averti de la Java...
Retour dans la Java et je bascule en 5 minutes dans les années 70 voire les années 60. Quelques jolis ballons de baudruche installés sur scène nous convieraient presque à un goûter d'enfants, deux petites batteries s'y font face alors que le percutant duo du CLUB DES CHATS allait entamer un des shows, si ce n'est LE show le plus surprenant de l'année auquel j'ai eu le privilège d'assister. Le répertoire est composé de macro chansons, voire de micro chansons aux textes rarement intelligibles, dans un orage de batteries quasi punk. Le duo se fait face pour un récital radical extraordinairement bien réglé, qui enchaîne (avec beaucoup d'humour) les micro-titres à toute vitesse, laissant une bonne partie du public dans un état extatique . La très énergique grosse demi-heure passé à l'écoute de ce club m'aura drôlement « retourné », laissé pantois comme après un « KO » musical, un peu comme le public qui a assisté aux concerts de Jimi H en 1ère partie de Johnny H (loin de moi l'idée de comparer Johnny H à Flóp...). Une heure à ce rythme eut été épuisante, mais là, c'était juste envoutant et prenant à souhait, ce fut un choc musical heureusement pas tout à fait désintégrant.
Le public prit alors son temps pour reprendre ses esprits, un verre au bar et le chemin du mirifique stand de merchandising des disques Bien qui fut lui même pris dans ce voyage musical et temporel de la B 3.3 : à côte d'authentiques 45 tours regroupant une multitude de micro-titres du Club des Chats, Flóp cotoyait Georges Brassens qui assurait les Kasdédi de son dernier live avec La Pompe Moderne tandis que la sono diffusait la musique de Duke Ellington...
Signe des temps.

vendredi 16 octobre 2009

Bienfaisance 3.2 à la Java le 05/11/2009 : Fred Poulet - David Scrima




Malgré la pluie, le froid, la crise économique, la défaite de l'aviron bayonnais et un horoscope défavorable, c'est avec le sourire que je me suis rendu rue du Faubourg du Temple pour goûter au mystérieux cocktail artistique concocté par le légendaire label les disques Bien, ce à l'occasion de leur mensuelle soirée « Bienfaisance » organisée à la Java.


21h30 : le moustachu Monsieur Loyal des disques Bien lance la soirée et annonce lentement, méthodiquement et précisément, les ingrédients artistiques du cocktail Bien 3.2.
21h31 : Je me faufile au milieu de la soixante dizaine de personnes présentes pour m'assoir tout devant, en face du micro : la première « pole position » de ma carrière Bienfaisante.
21h32 : David Scrima prend possession de la mythique scène de la Java, accompagné du très brillant guitariste Matthieu. Très décontracté dans sa tenue et son style, il semblait néanmoins légèrement anxieux quant à la qualité de sa voix et sa capacité à se rappeler de toutes les paroles de ses chansons : cette prestation l'aura assurément sur ces points. D'humeur légère après avoir goûter la veille aux rafraichissant répertoire de Richard Gotainer, j'ai pu instantanément me plonger dans cet univers chaleureux et amoureux qui aurait pu faire croire que nous étions en plein été indien, prêts à, pourquoi pas, se mettre tous « à oilpé ».
David Scrima a le « truc ».C'est non seulement le titre d'une de ses chansons mais également le constat que je me suis fait à l'issue du set : son « truc », c'est qu'il est LE « lover » des disques Bien. Déjà, lors du premier concert Scrimien auquel j'avais pu assisté, j'avais eu le plaisir de constater que les textes des chansons étaient en totale adéquation avec les très jolies jeunes femmes qui l'accompagnaient aux choeurs.
Première ravissante personne invitée à le rejoindre sur scène, la troublante Liza Manili fut elle-même troublée par un chat venue se placer au bien mauvais moment dans sa gorge. David l'embrassa.
Tout aussi souriante et charmante que Liza, Jil Caplan est venue offrir son grand talent et son magnifique timbre de voix pour un très joli duo. David l'embrassa, deux fois.
Ce fut autour de Thomas Marfisi de rejoindre David, pour quelques titres dont un, co-écrit, sur le thème de la surpuissance de la mort qui a brillamment conclut le set. Délicieusement looké années 70's, Thomas M fait penser à Julien Doré et/ou Jim Morrison. Il n'a pas seulement un look d'enfer, il a également une très belle voix qui m'a tout autant favorablement impressionné que réveillé en moi un aussi bas que fort sentiment de jalousie. David le Lover l'embrassa deux fois, puis encore deux fois.

Arrivée plus tardivement ou alors patientant au bar durant le show du Lover, la cinquantaine de personnes venue spécialement pour la prestation de Fred Poulet pris place sur le dancefloor de la Java. Parmi elles se trouvaient de nombreuses personnalités qui contribuent à faire des Bienfaisances à la Java la soirée la plus hype de Paris : la stellaire Emmanuelle Parrenin, le talentueux Vikash Dhorasoo, le groslandais Benoît Delepine aka Michael Kael, le vrai « French » François Gallet, Albin de la Simone, le sosie de Jodie Foster, Flop, les précieux fans de Prince du forum Schkopi, une nuée de jolie filles...

Très élégant dans sa chemise blanche et sa veste noire, c'est un Fred Poulet terriblement concentré sur son art qui monta sur la scène de la Java. Cette scène, cette salle, je sais qu'il l'apprécie tout particulièrement, notamment à l'occasion des soirées « Bienfaisance » dont on peut affirmer qu'il fait partie des habituels spectateurs et auditeurs mélomanes éclairés.
Fred Poulet avait demandé s'il pouvait jouer « fort » et faire « du bruit ». Cette autorisation en poche, il fut libre de s'exprimer à sa guise, dans sa poésie et sa gestuelle habitée, dans ce répertoire que je ne connaissais pas et qui m'a touché par sa beauté.
Pour atteindre définitivement le nirvana, il fallait que la musique et ses interprètes soient à la hauteur : le power trio chargé de guider et transcender Monsieur Poulet fut d'une qualité rare, par sa virtuosité, son inventivité, sa réaction, l'un des meilleurs qu'il me fut jamais donné de voir et entendre. Merci à lui, elle et lui.
Ce set fut donc absolument extraordinaire et a enchanté le public présent.
Sur le chemin du retour vers Ménilmuche, ce concert a suscité en moi une interrogation quant aux notions de « norme » et « hors norme » :

Dans les soirées « Bienfaisance », la norme est, pour mon plus grand plaisir, le hors norme,.
La prestation de Fred Poulet fut si fameuse et réussie à mon goût qu'elle dépasse la «norme » Bienfaisante
- Qu'est ce que le « hors norme » du « hors norme » ?
- Peut être bien la norme
- Peut être Bien la norme
- La norme peut être Bien
- Fred Poulet doit être un artiste Bien... Il faudra lui en reparler...certainement à l'occasion de la B3.3 où je ne doute pas de le recroiser au milieu du public.

La Bienfaisance 3.2 était donc « hors norme » car contrairement à la « norme» qui veut que la soirée propose les sets d'un artiste Bien et d'un invité, le cocktail B 3.2 fut uniquement composé d'artistes Bien : David « lover » Scrima et Fred Poulet.

Un cocktail aux effets particulièrement Bienfaisants

vendredi 25 septembre 2009

Bienfaisance 3.1 à la Java le 01/10/2009 : Antoine Loyer - François Tarot



A défaut d'être venu en nombre, les mélomanes qui se sont rendus à la Java pour la soirée Bienfaisance 3.1 ont affiché une grande qualité d'écoute face aux prestations de François Tarot puis d'Antoine Loyer.

François Tarot se présenta dans une nouvelle formation : une sorte de power trio "Bien" aussi élégant qu'efficace et composé de François T au chant et à la guitare, de l'indispensable Sylvain à la basse, et de l'infatigable et jovial Cristian Sotomayor aux percus. Balayant son imposant répertoire et ses presque tubes dont "Tiscali tu m'as tué", François Tarot nous a proposé un tour de chant particulièrement touchant... En bon public que je suis, j'ai été très touché, notamment par sa voix, mais aussi par le coeur qu'il mettait dans l'interprétation de ses textes qui nous renvoient à notre quotidien avec ses travers, ses plaisirs, le tout avec un brin d'humour malgré la lourdeur et la profondeur de certains propos, et pas seulement ceux tenus dans le lucide "L'humanité est une salope". Avant goût du prochain "maxi" du groupe, il nous fut proposé quelques couvertures musicales : celle des Kinks, la très brillante version de "My way" (non, pas comme le comme d'habitude "comme d'habitude"), et le formidable "Mon coeur appartient à papa". Totalement dans son art, François était particulièrement beau à voir et à entendre chanter. Un set aussi beau que Bien.

Après une courte pause clope à la surface, je replonge dans le légendaire club de la rue du faubourg du temps, à la découverte d'Antoine Loyer. Je ne pensais pas que cette découverte allait se transformer en lointaine exploration, tant au niveau de la musique qu'au niveau des textes.
Seul avec sa guitare sèche, ce jeune sosie du pilote Sébastien Bourdais nous a instantanément transporté vers un rivage musical pour ma part méconnu : un rivage accessible par un petit voilier dont la coque serait de folk, la voilure colorée de teintures musicales venues d'Inde, et barré par un jeune capitaine assez époustouflant de virtuosité. Ce voyage s'accompagne de chants dont les paroles atteignent un niveau de poésie qui est, pour mon humble petit cerveau inculte, intellectuellement totalement inaccessible. Nez en moins, ce flot d'images de mots et de sons m'a permis d'atteindre ce rivage pour le moins envoûtant. A peine avons-nous débarqué que Captain Antoine nous fait une visite complète de cet original univers musical, s'accompagnant à la guitare, au banjo, à l'harmonium indien (ou d'Inde), enfin de nouveau à la guitare, puis accompagné lui-même sur un titre par le mousse JP Nataf (duo TRES réussi) et sur deux autres par le flibustier Don Cristian Sotomayor.
Un concert aussi incroyable qu'inattendu pour les passagers musicaux du jour qui, à la fin du show et manifestement encore sujets au doux décalage musical du voyage, se sont ensuite dirigés vers la scène pour pouvoir toucher et admirer ce magnifique instrument qu'est l'harmonium indien.

Une soirée musicale touchante, surprenante, brillante et instructive. Une soirée Bien.

mercredi 2 septembre 2009

Bienfaisance 3.0 à la Java le 03/09/2009 : Albin de la Simone - Tante Hortense



Plongé dans l'été indien, la capitale offrait les chaudes lumières d'un soir d'été au moment de s'engouffrer rue du Faubourg du Temple pour assister à cette très attendue soirée de rentrée des Bienfaisances organisées par les disques Bien.

Au moment de pénétrer dans le passage qui mène vers l'auguste Java, escorté du Ménilmuche Power Generation au grand complet, je suis rapidement arrêté par un distributeur de flyer (une première pour une Bienfaisance) qui annonçait la sortie du prochain album d'un certain Dominique A, puis par l'imposante file d'attente qui menait jusqu'à l'entrée. Quel succès ! Je pensais qu'il s'agissait des seuls fans d'Albin de la Simone mais non, juste devant nous se trouvait l'authentique groupuscule orléanais de fans hardcore de Tante Hortense, ceux rencontrés quelques mois plus tôt lors de la soirée "contre-programmation" de la finale de l'émission la Nouvelle star, celle de la "batteule" opposant musicalement Tante Hortense à Flop au Panic Room (pour mémoire un match terminé sur un score de parité mais que Vincent Mougel aurait pu remporter aisément s'il s'était donné la peine de prendre une seule fois le lead).

La Java était donc copieusement garnie au moment où le moustachu Monsieur Loyal de la soirée prit possession de la scène et lancer le show. Les disques Bien sont à l'affût de beaucoup de choses, notamment de bonnes idées, aussi ont-ils mis en pratique celle de la fin de la saison passée en proposant au nombreux public de se mettre en position de Bienséance afin de goûter au mieux le festin musical qui allait nous être proposé. Pour ma part, je me suis installé sur le spot de gauche, certes malencontreusement placé non loin de l'entrée des toilettes, mais qui me semblait le plus approprié pour apprécier au mieux la lumineuse prestation de M-Jo qui accompagnait le premier artiste de la soirée : le cuistre délicat Tante Hortense.

Durant cette année, j'ai eu le plaisir d'assister à plusieurs représentations de cet artiste, dans moult endroits de l'Est parisien (et périphérie), ce en solo ou accompagné par un ou plusieurs complices musiciens. Mais là, pour cette rentrée, Tante Hortense était accompagné d'un Gros Gros Band, la smala musicale marseillaise des disques Bien au grand complet et cela a "grave de la gueule" ! Toujours aussi charismatique dans ses mouvements, son élégant costume, ses compositions, ses textes tantôt profonds tantôt absurdes, et ses légendaires sandales, Tante Hortense nous a proposé un tour de chant de très haute qualité qui a ravi l'ensemble du public... La grande classe !
Seul petit bémol dans cette prestation, l'enthousiasme du chanteur qui évolua parfois trop près de son micro. Cela a malencontreusement rendu incompréhensibles les paroles d'une chanson qui est pourtant, au regard de la crise économique mondiale, plus que d'actualité : "Révolution". Par contre "Les ânes" fut tout à fait audible et compréhensible ainsi que le sujet de conversations parmi un public interloqué par tant de propos aussi provocateurs que lucides.
Le charisme de Tante Hortense n'a heureusement pas éclipsé la remarquable prestation des musiciens du Gros Gros Band, dont le le ukulelo-hendrixien Eddy Godeberge, le percuteur juste Jean-Philippe Barrios et, je l'ai déjà écrit, la lumineuse M-Jo vêtue d'une jolie robe d'été assortie d'un bracelets à grelots fixé sur la cheville droite, du meilleur effet, tant visuel que musical. Comme à l'opéra Garnier de Paris, la visibilité de la scène est réduite sur le spot de gauche de la Java, aussi n'ai-je vu de Christophe Rodomisto que le bout du manche de sa guitare, je n'ai ainsi goûté sa prestation qu'en audio, comme il l'a fait lui même le mois dernier pour vivre en pirate aveugle mais pas sourd le concert de Prince au Sporting club de Monaco... Après un tel show, on peut s'attendre à ce que Tante Hortense entame enfin une conquête complète des scènes de la capitale... mais non, dès le lendemain, il repartait avec ses musiciens... pour le Brésil et un très alléchant projet d'enregistrement d'album à Sao Paulo. Insaisissable !

Pause clope dans l'enclos à fumeur situé à l'entrée de la Java. J'y retrouve les fans de Tante Hortense venus de la Old Orleans. Nous échangeons nos impressions puis glissons vers d'autres sujets musicaux qui m'ont permis de découvrir le très intéressant groupe Medeski Martin & Wood. Evoquant Tante Hortense et ses related artists, nous sommes rapidement tombés d'accord pour regretter que "La fête du slip" de Flóp ne soit pas devenu le tube de l'été et espérer qu'il sera, au moins, celui de la prochaine rentrée universitaire.

Retour dans la Java alors qu'Albin de la Simone a déjà entamé sa représentation. Je ne connaissais cet artiste que de nom et ai donc découvert son brillant répertoire, proposé ici en version accoustique. En version assise, bien en voix malgré quelques soucis de santé, épaulé par de brillants guitaristes et deux marionnettistes qui oeuvraient avec des personnages roses fluos qui m'ont rappelé feu la chenille Ploom de l'ORTF, Albin de la Simone a ravi son public. La jeune vedette québecoise Pierre Lapointe fut invitée à interpréter l'un de ses titres et goûter la prestigieuse scène de la Java. Mon highlight du show fut sans conteste l'excellente reprise du "Vertige de l'amour" d'Alain Bashung, vraiment un moment magnifique. Par contre, le moment le plus inquiétant fut à la toute du show lorsque l'artiste conclut sa chanson teintée de cannibalisme en menaçant de "manger ses amis demain" par un froid : "A demain !". Un truc qui te fait sourire d'abord puis te file la chair de poule...
J'ai bravé ma peur ou, plutôt j'ai décidé de la noyer dans la bière en fin de soirée, lors de l'habituel moment de grande convivialité entre artistes et public qui conclut les soirées de Bienfaisance.

Une soirée de rentrée qui place dors et déjà cette saison 3 sur de formidables bases de qualité artistique, une soirée embellie pour ma part par la réception d'un inattendu cadeau d'anniversaire, un cadeau précieux : l'album "A wizard, a true star" de Todd Rudgren. Tic tic tic...

mardi 28 juillet 2009

Bienfaisance 2.9 à La Java le 04/06/2009 : Mr Go & Mr Ma - Catherine Jauniaux & ErikM






Il faisait doux en cette soirée de début Juin, la rue du Faubourg du Temple s' était parée de quelques échafaudages : d'une part pour le « Zorba », mythique point de rencontre scopien d'avant la Bienfaisance 2.8, mais aussi pour la Java où il serait question de rajouter quelques motifs sur le magnifique vitrail qui surplombe l'entrée art déco du légendaire dancing, notamment la représentation de Sanctus Mougelinho et du ukulele des disques Bien.

Le moustachu monsieur loyal des disques Bien nous accueille dans la salle avec le sourire et nous annonce, un brin canaille, un très prometteur « retour à la réalité virtuelle » en référence à la douce folie dansante de la B2.8...

Une soixantaine de mélomanes se sont acquittés des sept euros de droit d'entrée pour vivre ce qui s'annonçait comme une expérience musicale pour le moins originale. Parmi ces soixante privilégiés se trouvait une imposante escouade d'artistes Bien, de très jolies filles, un brocanteur, un squale, des fans de Prince, la souriante BB des Buttes Chaumont, deux Sabine et … l'excellent Matthieu Boogaerts revenu goûter l'ivresse artistique des Bienfaisances..

Installé sous la galerie de droite, j'étais impatient de retrouver les éminents chercheurs du centre de recherche non subventionné des disques Bien , Mr Go et Mr Ma, leur authentique Revox/Studer et leur troublante création synthétique : Harmonie. Après leur triomphal passage de l'année dernière, les deux chercheurs installés à Guéret avaient la pression : celle de renouveler l'excellence de ce premier passage et celle d'être artistiquement et musicalement à la hauteur de la prestation d'Harmonie dont la voix enregistrée était diffusée par le Revox. Une petite caméra était chargée d'immortaliser l'expérience tandis qu'un jeune homme bizarre se plaça debout devant tout le monde, tendant vers la scène un micro ultramoderne, peut être était-ce le représentant du GRM venu la dernière fois ?
Equipés d'un casque et de leurs instruments, les deux chercheurs musicologues saluent poliment le public puis appuient sur la touche « Play » du Revox, le miracle s'accomplit : la chaude voix d'Harmonie résonne dans la salle et pour certains, au fond de leur coeur. Harmonie nous salue et nous remercie d'être venus à la B2.9.... wow ! Il ne s'agit donc pas d'un remake de l'année dernière mais d'une nouvelle version du show.... qui a réussi l'exploit de me plaire encore plus que le précédent ! De nouvelles compositions et effets, le charisme et la musicalité des deux chercheurs et le talent virtuel d'Harmonie ont aisément conquis l'ensemble du public. J'ose distinguer deux moments plus « forts » que les autres au milieu des agapes proposées :
1 – Le tout aussi fantastique qu'original solo de ukulele proposé par Mr Go. En pose « guitar hero », les doigts de la main gauche plaquant les accords sur le manche et la main droite tenant la tête d'un robot mixeur en action et dont les pales frappaient les cordes en cadence régulière dans un rythme parfois accéléré par le régime de vitesse de cet ustensile electroménager devenu acoustico-electromenager. Faute d'avoir pu récupérer les images de la camera vidéo présente à la Java, il vout suffit de vous rappeler l’intensité, la radicalité et la virtuosité de Prince sur le solo de guitare du clip de « Purple Rain.
2 – Le D'Harmonie code : plus efficaces que les cours de gym tonic de Véronique et Davina, plus musicaux et pertinents que les « signes démentiels » du film « Les Bronzés », la séquence de gestes énoncés par Harmonie et relayés par Monsieur Go a été reprise avec entrain par l'ensemble du public et saluée par un grand éclat de rire Flopien, ce dernier étant certainement tout aussi fasciné par la réactivité de la salle que l'ingéniosité, pourtant maintes fois démontrée, du CRNS.

Un très très grand moment.... légèrement gâché par la tristesse d'un de mes camarades qui n'arrive toujours pas à se résoudre qu'Harmonie est une création synthétique, et pas une belle chanteuse seule et séquestrée au centre de recherche de Guéret qui espère que son Prince (lui donc) vienne la délivrer.

Il semble très difficile de passer après un tel show, c'est pourtant sans crainte et totalement confiants en leurs talents, notamment dans l'art de l'improvisation, que Christine Jauniaux et ErikM se sont installés sur la scène de la Java.
Elle : placée sur notre gauche et debout face au micro, nous a proposé une fascinante et totale démonstration d'art lyrique.
Lui : placé sur notre droite devant un impressionnant dispositif électronique et de de platines, a proposé une hallucinante composition musicale où les disques vinyles volaient en dix secondes de leur pile de rangement à la platine en passant par la case « plaqué sous les aisselles » du maestro qui agissait simultanément sur une dizaine de touches. J'ai bien ri en repensant à cette prestation lorsque j'ai vu David Guetta et son sourire too much « mettre le feu » au plateau du « Grand Journal » sur C+ , l'un est bien plus aventureux que l'autre, assurément...
Ce spectacle fut fascinant visuellement mais un peu trop « pointu » pour moi, c'était plus hardcore que les programmes de nuit de France Culture, un répertoire idéal pour une sorte de France Super culture.

J'ai décroché avant la fin et attendu au bar les scopiteux présents pour finir cette soirée autour d'un verre et d'une discussion sur notre passion princière commune.

Sur le post précédent, Flop écrivait « Après ce qui va se passer ce soir le verbe "chanter" n'aura plus la même signification ». J'avais trouvé cela un peu prétentieux et pourtant, effectivement...

Ainsi donc s'est achevée la deuxième saison des Bienfaisances à la Java. Rétrospectivement, les prestations proposées tout au long de cette année ont largement assouvi ma curiosité musicale et les rencontres humaines qu'elles ont engendré ont embelli mes soirées du premier jeudi du mois. Merci à tous

Enfin, en vue de la troisième saison, toujours à la Java, j'ai pris trois solides résolutions :

1 – Faire en sorte de pouvoir assister à toutes les Bienfaisances de la saison prochaine, including les Bienséances.

2- Profiter de cette bienfaisante pause estivale pour me débarrasser de ce très gênant toc musical qui m'habite depuis la B2.9 . En effet, je suis désormais sujet à un stupide réflexe plus « harmonien » que « pavlovien ». En adéquation avec le « D'Harmonie code », je me mets instantanément en position « Astral » à chaque écoute de longue nappe de synthé. Ainsi, il y a peu, certains usagers de la ligne 2 du metro parisien furent interloqués par mon comportement. J'écoutais, jusque là paisiblement, « Xpectation » de Prince dans mon lecteur mp3, mais à la fin du titre « Xpand « de Prince, je me suis subitement levé de mon siège pour me mettre en position « astral »... Gênant....

3 – Vu le nombre de Bienfaisances où le public se retrouve assis à même le dancefloor pour savourer les bienfaisantes prestations, je vais investir dans l'achat de deux petits coussins : un pour elle et un pour moi.