jeudi 1 avril 2010

Bienfaisance 3.7 à La Java le 01/04/2010 : Bertrand Belin - French





Ce 1er avril était soir de fête pour moi, comme tous les premiers jeudis des mois non estivaux, j'avais rendez-vous avec mon trip musical mensuel préféré : l'undergound soirée « Bienfaisance » des Disques Bien qui se déroulait, comme d'hab, dans ma salle panamienne underground préférée, la vieille mais toujours pimpante Java.
En compagnie du MPG (Ménilmuche power generation) au grand complet, je traverse avec un large sourire le magnifique galerie art déco qui mène vers la Java et suis heureux de constater qu'une petite file d'attente s'est formée devant le guichet d'entrée, alors que d'autres mélomanes devisent entre les rambardes du fumatorium.
Y aura-t-il du monde ?
Délesté de 7 euros et ayant descendu les quelques marches qui mènent vers la salle, j'ai la réponse sous mes yeux : Oui, le public est venu ! Certes pas en masse, mais avec entrain, décontraction, envie, et des amis «que l'on invite à partager une expérience musicale de grande qualité que tu ne regretteras pas d'avoir vécu ».
Autre « chose » qui m'a sauté aux yeux, l'aussi prestigieux qu'alléchant stand « Merchandising » des disques Bien a troqué son spot habituel pour une position plus stratégique face au bar et devant passage obligé pour rejoindre le fameux dancefloor et la scène. Petit bémol, les habituelles charmantes vendeuses du stand ont été remplacés par deux lascars, certes souriants, mais aussi carénés que la deuxième ligne du XV de France, et ce charme agit moins sur moi...

Comme du Banga, bien remplie, mais pas trop, juste ce qu'il faut, la Java nous offre ses plus beaux atours. Alors que je discutais, toujours avec plaisir, avec quelques fans de Prince du forum schkopi, je regardais l'ensemble de la salle, les allées et venus des gens, leurs sourires et me suis dit que, souvent en ce lieu, on se croirait vivant dans un véritable décor de cinéma. Je dois reconnaître que cette pensée fut également aiguillonnée par les allées et venues, petite camera en main, d'un jeune homme qui a saisi des extraits des concerts et les réflexions éclairées de quelques membres du public : les Bienfainautes. Une discrète mais longue enquête, menée tout au long de la soirée, m'a permis d'apprendre que ce cinéaste n'était autre qu'un des musiciens membres du Sénat de Flop et qu'il tournait ce qui semble être le « Numero 0 » d'un document audiovisuel testimonial des soirées « Bienfaisance » : un projet oscillant entre un documentaire de cinq heures heure et un « miniclip teaser flashy » sauce W9...

Comme dans feu l'émission  TV « La dernière séance » : un Eddy Mitchell plutôt Bien lance la soirée et le premier concert « film » de la soirée : le concert proposé par le label hôte, les disques Bien, avec l'un de ses prestigieux artistes francophones : French.
Le public prend place : l'imposant et très séduisant fan club de French plutôt sous la petite galerie de gauche, une tout aussi amicale et séduisante escouade de fans de Prince sous la galerie de droite, la plèbe dont moi même prenant place assise sur le dancefloor, pour ma part en quatrième rangée, plein centre.
Le charismatique French fit son apparition sur scène avec sa guitare et un immense sombrero qui aurait fait passer pour un petit bob celui usité il y a quelques années par Marcel Amont lors de ses burlesques interprétations de son tube « Le mexicain ». The French sidemen ? A sa gauche se trouvait le talentueux moustachu Flop, très concentré sur son art, et derrière lui, le percussif Cristian Sotomayor et sa batterie de jouets musicaux.
French piocha dans son brillant répertoire des chansons qui lui sont propres, plus ou moins acidulées, plutôt plus que moins d'ailleurs, aux chatoyantes mélodies qui ont capté l'entière attention d'un public, comme si souvent, qui offrit une qualité d'écoute rare. Le sentiment de fragilité qui émanent de certains textes se « voyaient » également ans les légères vibrations du sombrero qui traduisaient une certaine fébrilité partiellement masquée par une voix dont le timbre me touche énormément. Nous étions, comme lui, sur un fil émotionnel aussi tendu que mince. Cette tension se fit plus vive lorsque, 1er avril oblige, la guitare de French se transforma en poisson d'avril par quelques sons parasites particulièrement déstabilisant Bien plus pour lui que pour nous. Il m'a semblé que cette guitare farceuse lui suggérait de joindre les actes aux paroles de sa chanson qui évoque « une corde pour se faire pendre ».
Le son était plutôt fort comme pour un concert de heu... disons Prince, si fort que le dancefloor vibrait, une étrange sensation pour les Bienfainautes assis : mon «voisin de plancher, résident hebdomadaire à la Java dut ainsi se boucher quelques instants les oreilles. Etrange, car cette sensation était en décalage avec la subtilité et la beauté des textes.
French a des fans, des amis, des fans musiciens, des amis musiciens, il en fit venir deux sur scène : le brillant guitariste Mocke du groupe « Holden » et le ZomBien saxophoniste Etienne Jaumet. Leur participation fut, à mon sens, un peu superflue, moins pour Etienne J que pour un Mocke (dont pourtant j'adore le jeu) gratouillo-improvisant plus ou moins dans le vide tel Nicolas Anelka « dézonant » en équipe de France de foot. Avec tout ce petit monde sur scène, le charisme de French et son sombrero, le son peut peut être trop fort, ont resurgi mes souvenirs des concerts de George Clinton accompagné de ses cinquante musiciens afronautes. C'était un peu too much et j'ai souri. Je me suis vite remis « dedans », captivé par la suite du show avec un French qui semblait lutter pour ne pas nous planter là et partir briser de rage son april fish guitar. Bref, un set qui a plu, m'a plu, et que j'ai vécu, comme tous, intensément. Il me tarde vraiment de revoir l'artiste live mais, malheureusement, comme celles du Kid de Clouange (toujours aussi lumineux in the middle of the foule), ses prestations sont trop rares... Je croise les doigts pour goûter à nouveau et au plus vite à la spicy French ixpirience.

L'entracte fut annoncé et, faute de distribution de glaces et de bonbons par une ouvreuse, les Bienfainautes durent se résoudre à partir se désaltérer au bar ou à converser sur la palier de la Java, inside or outside le fumatorium, voire à répondre aux multiples questions du documentariste Bien.

Alors que nous venions d'être conviés à la deuxième séance, celle de Bertrand Belin, j'ai cru revivre une partie du film « Purple rain », celle où Prince, après sa prestation live du titre éponyme, quitte la scène, traverse en courant les couloirs du First avenue de Minneapolis, s'arrête au dehors à la sortie des artistes. Il porte en lui et sur son visage un mélange de rage, de frustration, de colère, la sensation d'avoir été au bout de lui même en étant allé jusqu'au bout de quelque chose, de quelque chose qu'il a fait malgré lui et qu'il avait vécu douloureusement... puis il se radoucit, entend le public qui acclame sa prestation et revient sur scène pour une formidable et libératrice déflagration funk : l'enchaînement « I would die 4 U » « Baby I'm a star ».
A l'instar de Prince dans « Purple rain », French traversa la salle, nerveusement, à contre-sens des Bienfainautes qui rejoignaient le devant de la scène, portant sur son visage les mêmes stigmates que Ceprin au First avenue, peut être pour les mêmes raisons... A l'entrée des artistes du First avenue, euh pardon de la Java, il reçut en plein coeur les encouragements de ses fans, de ses ami(e)s, et de spectateurs qui ne sont ni l'un et l'autre mais qui, comme l'immense majorité ce soir là, ont apprécié son show. Pour faire tout à fait comme dans le film, French aurait du revenir sur scène pour une apothéose gracieuse et joyeuse conclue par un fracassage de april fish guitare, mais le road movie musical de Bertrand Belin avait déjà débuté...

Redescendu dans la salle, je suis appelé à une table pour une discussion qui fut la première des péripéties et discussions d'une deuxième partie de soirée, péripéties qui m'ont amené à suivre le concert de Bertrand Belin plus en audio qu'en audiovisuel.
Néanmoins, pour ce que j'en ai vu : Bertrand Belin est un chanteur dont la beauté et la classe suscitent instantanément chez moi un douloureux sentiment de jalousie, après je m'y fais... Son charisme mettait un peu en retrait ses partenaires musicaux : Tatiana Mladenovitch à la batterie et Thibault Frisoni à la guitare, deux « pointures  musicales» au talent XXL.
Pour ce que j'en ai entendu : le répertoire est d'une beauté et d'une classe qui suscitent instantanément chez moi un douloureux sentiment de jalousie, qui aura persisté tout au long d'un set impeccablement orchestré, chaleureux, qui fait du Bien. C'est extrêmement brillant, dans la composition, dans l'interprétation, dans la générosité également : le lascar était heureux d'être là, cela se ressentait, il nous l'a d'ailleurs dit. Je crois que cette sensation était réciproque : la rencontre Bienfainautes Bertrand Belin.laissera le souvenir d'un moment de partage musical particulièrement chaleureux, un moment super Bien, et pour ma part, également celui de la découverte d'un artiste brillant-charmant-intéressant-généreux dont la participation aux « Bienfaisance » contribuent amplement à l'excellence musicale de ces soirées.

A l'issue du set, des dizaines de sourires rejoignirent le bar pour un verre, un débriefing, une discussion sur Prince, ou l'achat de disques Bien (les meilleurs en terme de rapport qualité prix).
La nouvelle position stratégique du stand a engendré une frénésie de ventes conclue par une rupture de stock des mythiques T-shirt « les disques Bien ». Le dernier ayant été offert à Tatiana Mladenovitch, formidable lideuse du non moins formidable projet Fiodor Dream dog, officieuse MVP (Most valuable player) de la soirée, comme de la plupart des soirées Bienfaisance qu'elle a magnifié par son immense talent de musicienne.

Tout ce petit monde, heureux, poursuivit la soirée, en toute convivialité, avant de rejoindre les rues de Paris.

Merci à toutes et à tous



PS : une participation de Fiodor Dream Dog à une soirée Bienfaisance est ardemment souhaitée, au moins par moi...

PS' : il me tarde de voir cet improbable documentaire sur les soirées « Bienfaisance »...

PS'' : petite précision à l'attention d'Antoine Loyer avec qui j'ai eu le plaisir de converser ce soir là, lors de mon texte sur la Bienfaisance à laquelle il a brillamment participé, je l'avais physiquement comparé au pilote automobile Sébastien B. Il y a eu un petit malentendu qui l'a touché et que je veux donc préciser : je voulais évoquer le talentueux Sébastien Bourdais et non le rallyman omniprésents dans les publicités Sébastien Loeb (je comprends qu'il fut un tantinet blessé par cette comparaison).

samedi 27 février 2010

Bienfaisance 3.6 à La Java le 04/03/2010 : David Fenech - Toog - Amicale Transméditerranéenne de Play Front



L'usage avec les disques Bien veut qu'il faut toujours s'attendre à l'inattendu. C'est exactement ce qui m'est arrivé en cette soirée de début Mars à l'occasion de la mensuelle soirée « Bienfaisance » organisée à la Java.

Accueilli à l'entrée par les sourires des DB, il me fallu rapidement me résoudre au fait que le nombreux public tant espéré n'était pas vraiment au rendez-vous. Hormis quelques aficionados des DB, de Prince, et de Vinicius de Mougelinho (ils cumulent souvent ces trois caractéristiques), la mythique salle, qui était encore pleine la veille pour le show de Mjo featuring Flop avec un amical coup de pouce au débutant Mathieu Boogaerts, sonnait Bien creux.

J'ai néanmoins réussi à rater le début du premier set, plongé que j'étais dans une discussion et les yeux de Christine, notre hôte bienfaisante. Quittant le bar de La Java, je pénètre sur le dance floor et contemple la scène où oeuvre derrière son clavier un éphèbe vêtu d'un tunique rouge à paillettes, un éphèbe que j'ai pris de prime abord pour Ricky Hollywood. En prenant place sur le parquet Bienfaisant de la Java, je me rend rapidement compte qu'il s'agit en fait de TOOG qui nous embarque pour un voyage dans les mots, les sons, les adaptations de standards variétoches (pile poil ceux que je détestais déjà vivement à l'époque). Hélas, je n'aurais peut être pas du arriver en retard à l'embarquement car j'ai eu l'impression de rester au pied de l'avion et ne suis jamais rentré dans l'univers musical et littéraire proposé.

Cette soirée expérimentale proposait ensuite de découvrir l'avancée des recherches de l'ATPF, Amicale Transméditerranéenne de Play Front, après quelques mois de travail au mythique et mystérieux centre de recherche de Guéret du CRNS (Centre de recherches non subventionné des disques Bien). Peu avant leur prestation, les délicats membres de l'ATPF mandèrent une fée pour nous transmettre l'alléchant programme de leur conférence musicale. Merci très sincèrement à eux pour cette douce et délicate attention.
Vêtus de blouses blanches portant le sigle du CRNS : les trois membres de l'ATPF (deux androïdes de formes masculines répliques parfaites de Flop et du Kid de Clouange, et un androïde de genre délicieusement fémimin qui semble avoir toutes « Mes propriétés » de « Mjo ») prirent possession de la scène, ajustant leurs précieux instruments avant d'entamer leur très originale conférence. Voici le programme transmis par la fée et qui permet de comprendre au mieux les intentions et les cheminements musicaux empruntés ce soir là par l'ATPF :



"L'Amicale Transméditerranéenne de Play Front
programme de NPB
la Java – 4 mars

« Marc Chagal a raté sa carrière : il aurait du faire des pochettes d'albums de rock »
David Thomas
« Le pied ne tient plus sur ses jambes, le contrepied ne tient pas la route et pour bien faire il faudrait prendre le contre-pied du contre-pied. »
François Tarot

Le Centre de Recherche Non Subventionnée (CRNS) des disques Bien est le fleuron de la recherche fondamentale sonore indépendante de toute forme de pouvoir aliéné.
Sis à Guéret depuis 2005, il en représente désormais 58% de la population et 73% de la superficie.

L'Amicale Transméditerranéenne de Play Front (ATFP) est l'une des équipes du CRNS les plus avancées dans ses recherches (avec celle de Mr Ma et Mr Go).
Elle travaille depuis la création du centre sur le play front, nouvelle pratique musicale consistant en un renversement dialectique du Play Back : un orchestre accompagne en direct un interprète enregistré.

Le Nouveau Play Back (NPB) est une avancée par rapport au play front, puisqu'elle consiste en son renversement dialectique : des interprètes chantent ou parlent sur un accompagnement enregistré.

Nassim Guimaraes est un derboukiste tunisien décédé en 2007, membre fondateur de l'ATFP. Sa contribution fut décisive dans la tournure prise par l'aventure playfrontiste. L'orchestre conserve son nom en hommage à lui et ce concert lui est dédié.

Le Soundburger, tentative de transposition du walkman de Sony au format vinyle fut un échec commercial mais une réussite technologique fournissant l'outil parfait pour le NPB.
L'exemplaire ici présent nous est aimablement prêté par David Fenech.

L'ATPB est composée ce soir de
Vincent Rom Mougel (professeur agrégé en Musique)
Francisco Javier Lopez Soldado (professeur désagrégé en nano-musicologie)

PROGRAMME

Erik Satie – 3ème gymnopédie orchestrée par Claude Debussy
Vous m'avez l'air d'un public

La pratique déjà désolante du talk-over est ici dépassée en une pratique encore plus basse : le talk-under.

Ryan Paris – la dolce vita

Jamais une cover par anticipation ne fut plus respectueuse de son original.
Ryan Paris à Rome reprit d'avance la création de Vincent Rom à Paris et laissa à cet effet une face B vierge de ses embarrassantes vocalises.

Duke Ellington - fleurette africaine

Duke Ellington, Max Roach et Charles Mingus offrent un environnement sonore idoine à cette évocation de l'immigration africaine dans la voirie parisienne des années 70.

John Fahey – march for Martin Luther King
march for the dolce vita

Le guitariste grognon hésitait à faire figurer cet instrumental sur son album the yellow princess. Il le jugeait trop proche de Pink Floyd, groupe qu'il méprisait sans doute à raison. Heureusement, il eut besoin de cette plage pour meubler un 33 tours déjà trop court.

Monique Ribordy
ATFP

Il est de notre devoir de vous rappeler notre mission et c'est notre mission que de vous rappeler notre devoir."





Alors que la 1ère conférence, il y a quelques mois déjà, m'avait plongé dans une sorte de confusion, celle-ci, pourtant plus claire, m'a plongé dans un état bizarre, dubitatif, notamment à cause du recours au concept de nouveau Play back. Il me semble que si le CRNS est à l'avant garde de l'avant garde de toute la scène musicale mondiale, Harmonie et ses affreux sbires MrGo&MrMa en sont, pour l'instant, la meilleure vitrine avec un spectacle parfaitement abouti quoiqu'en constante évolution. Malgré quelques fulgurances, dont l'incroyable performance vocale du clone de Vincent Mougel sur « Dolce vita » de Brian Paris (un titre que, pourtant, je déteste), il me semble que si les laborantins de l'ATPF ont de brillantes idées, elles ne sont pas encore tout à fait abouties et que quelques heures de recherches complémentaires eussent permis à leur conférence d'atteindre les sommets espérés.

L'expérimentation se poursuivit par la prestation de David FENECH, signe d'ouverture du CRNS vers son rival du GRM où il expérimente parfois, qui s'installa sur scène avec sa guitare électrique pour une tentative de recherche de nouveaux sons, tentative plus ou moins fructueuse. A vrai dire, je n'étais déjà plus très concentré sur l'aspect artistique de la soirée et m'étais plongé dans sa partie conviviale avec deux potes qui eux aussi, avaient été préalablement « largué ». La prestation de David FENECH nous invita plutot à nous replonger dans nos souvenirs et l'un des highlights des soirées Bienfaisance : la performance hallucinante de Warren Ellis avant le set de Jim Yamouridis. Enfin bref, David F, sous quelques applaudissements laissa sa place à TOOG qui reprit le voyage musical entamé en début de soirée, ce avec quelques passagers en moins...

Je l'écrivais en préambule, avec les disques Bien, il faut toujours s'attendre à l'inattendu. Cela s'est donc vérifié vers la fin du set de TOOG.
Alors que ce dernier nous proposait une version toute personnelle de la « Lettre à Elise », deux lascars clones de Lilian Thuram firent irruption dans la salle, et même sur scène (!), pour y installer des oriflammes à l'honneur de « Atmosphère ». Après quelques renseignements, il ne s'agissait pas de clones produits par le CRNS mais bel et Bien de deux personnes de l'organisation de la soirée « Atmosphère » qui allait débuter à minuit, une fois que les artistes Bienfaisants aient rangé leurs jouets musicaux. Il nous fut proposé de rester dans la salle et d'assister gratuitement à cette soirée. C'est avec plaisir que j'acceptais l'invitation, avide de goûter cette nouvelle expérience, annoncée ainsi sur la toile :


À l’occasion des Rencontres Internationales de Danse Debout, retrouvez les soirées « ATMOSPHERE » …

Soirée Officielle de cet événement rassemblant des danseurs venus des 4 coins de la planète.

ATMOSPHERE est un état d’esprit et une approche particulière de la musique et de la danse.

Un échange entre clubbers et danseurs qui gravite autour de la house music et ses différentes sphères : Deep, Afro Soul, Dub...

TIJO AIMÉ (résident) vous fera voyager à travers les formes les plus abstraites du groove.

Ce dernier est connu pour avoir exploré l’évolution de ce que l’on appelle la Culture Club.

Il se singularise dans la Deep house à sonorité Afro tout en croisant les styles de Detroit, Berlin et Londres.

Il est reconnu dans le milieu du clubbing pour cette identité particulière qui fidélise la plupart des danseurs.

On a pu le voir jouer au Subsoil en Suède, au LUNERS au Japon, au DJOON à Paris, aux soirées PATTERNS de Bugz in the attic à Londres ainsi que dans de nombreux évènements internationaux (Juste debout, Who is who, HDC..)

LIVE PERFOMANCE

Comme à l’accoutumée, nous aurons le plaisir d’inviter sur scène, danseurs et musiciens de renommées et de tous horizons à interpréter une musique choisie par le Dj résident.

Ne changeant pas de trajectoire, ce mois-ci, nous invitons une étoile tout droit venue de New York : SHANNON « WICH WAY » (Dance Fusion) qui nous présentera "Blue meanies" de JUJU ET JORDASH.

SHANNON, pionnier de la House dance à travers le monde, il a pu danser auprès de nombreux groupes tels que :

The House Dance Project, (Tokyo, Japan & New York, USA) O Trip house (Paris France), The house dance Masters (New York, USA), Dance Fusion (New York, USA)…

X²-CHANGE

Vous avez pu assister lors des soirées précédentes aux sessions X²-CHANGE.

Un concept inspiré des bases de la culture club dont l’intérêt est de mettre en valeur l’échange entre 2 personnes et non la performance individuelle.

Le but est de s’oublier tout en évoluant sur la musique. La complicité des danseurs, l’originalité des directions proposées seront appréciées par le public.

X² CHANGE innove puisqu’il est désormais possible de s’inscrire en couple. Toutefois les participants voulant pousser l’échange vers l’inconnu pourront être tirés au sort.

Pour s’inscrire une liste ouverte sera disponible à l’entrée jusqu’à 1H30.

Le décollage se fera à la JAVA le Jeudi 4 mars 2010 de 00h à 5h
105 FBG du temple
75011 Paris – Métro Belleville (L11)



Ainsi, donc, peu après minuit une horde de djeunes venus des quatre coins du monde s'est rué vers le dance floor de La Java, faisant de nous les authentiques « Deschiens » de la soirée. Habillés styly et dévorés par le démon de la danse, ils eurent tôt fait de mettre le feu à la salle ou son de différentes variantes de"Deep house" et d'"Abstract groove".
La qualité de ses danseurs fut complètement déconcertante, l'ensemble étant très beau à voir. De temps en temps, un danseur ou deux se mettaient à faire des special tricks, aussitôt entourés d'une nuée d'autres danseurs alors que certains préféraient immortalisés l'instant avec des mini cameras ou autres appareil de photos numériques derniers cris. Au bout de deux minutes, la démo s'arrêtait et tout le monde (sauf les Deschiens) reprenait ses pas de danse parfaitement maîtrisés. Au bar, le toujours souriant Noël n'avait pas beaucoup de travail, un diabolo (menthe ou fraise) à servir par quart d'heure...

Au bout d'une heure, complètement fasciné mais bien conscient qu'il fallait me lever tôt le matin, je du me résoudre à quitter la Java et fut confronté, au dehors, à l'imposante et très compacte masse de danseurs qui attendaient fébrilement de pouvoir assister et vivre, eux aussi la soirée « Atmosphère ».

Epatant !

J'en suis reparti avec un CD « Atmosphère », le CD « Mes propriétés » de Mjo et l'authentique T shirt de la soirée. Fan de Prince oblige, j'ai choisi celui qui était aux couleurs « Purple & gold »...

vendredi 19 février 2010

Bienséance #2 chez la très gentille Anaïs le 05/02/2010





Avec les disques Bien, il faut toujours s'attendre à de l'inattendu.
Ainsi, alors que je suis très friand des grands festivals estivaux de musique, je ne m'attendais pas à vivre en ce début février, sur trois soirées, un officieux mais authentique festival des Disques Bien.
A peine une semaine avant l'évènement, tout s'est précipité sur mon agenda : le rappel du concert de Flop (version one nite alone) en première partie de Matthieu Boogaerts à la Java le mercredi, la soirée Bienfaisance 3.5 prévue le lendemain, l'annonce surprise d'une soirée Bienséance pour le vendredi.
J'avais eu l'extrême privilège d'assister à la Bienséance 1, un soir de juillet 2008. Le loft d'Alexandre transformée en « Maison rose » en l'honneur d'Emmanuelle Parrenin, des danseurs de tango, un public envouté, un trio de musiciens en totale adéquation et avec Emmanuelle, sa voix, son art et ses instruments... Une des plus belles soirées musicales de ma vie... Si si si !
Aussi, depuis lors, je me languissais d'assister à une nouvelle soirée de ce type. Et bien, elle est arrivée, de manière assez inattendue, grâce à la bienveillance de Don Cristian Sotomayor et la gentillesse d'Anaïs R qui a proposé son nouvel appartement sous les toits, pas encore emménagé, pour faire de son salon la scène de cette Bienséance 2.
Arrivé en compagnie de mon best friend Denis vers 20 heures et des bananes, je pénètre dans ce bel appartement où règne déjà une ambiance de fête, chacun se délectant des provisions apportées (délicieux les cookies !) par les participants (de tous âges, coucou Youri !), se saluant, discutant, riant, artistes et public mélangés. Alors que les toilettes sont réquisitionnés pour d'ultimes répétitions, je prends plaisir à retrouver quelques personnes croisées lors des deux précédentes soirées et à admirer les instruments installés dont la magnifique harpe d'Emmanuelle Parrenin. Pressentant le début du volet musical de la soirée, je pré-squatte une place sur le côté gauche avant qu'une trentaine de personnes ne vienne s'assoir à même le parquet à côté de moi : pour une Bienséance, il convient d'être confortablement assis.
A qui reviendra la lourde « charge » d'ouvrir la soirée ? Le monsieur loyal hispanophone de la soirée met fin au suspense en appelant sur « scène » KidsAreDead.
Le Kid de Clouange s'installe sur une chaise, souriant, et se saisit de sa guitare électrique. Trois chansons (en anglais) plus tard, l'immeuble est témoin de la plus formidable ovation qu'il ait jamais connu depuis la Libération en août 1944. Musicien virtuose aux talents multiples, doté d'une voix stellaire et remarquable entre toutes, KidsAreDead nous offre tout d'abord deux chansons de sa composition (le frétillant « Taking a walk » et le presque tube « School returns ») avant de s'attaquer à un exercice de style extrêmement périlleux : reprendre seul avec sa guitare le foisonnant « Glam Slam » de l'album « Lovesexy » de Prince. Encore plus travaillée que lors de la prestation radiophonique à l'occasion de l'Euphonie 38 de Radio Campus, cette cover fut incroyablement réussie, d'une grande pureté et d'une grande beauté. LUMINEUX. J'en ai été très très très ému, assez bouleversé, profondément touché. Durant l'ovation qui suit, je scrute le public qui est en mode « fascination-admiration ».
La soirée vient à peine de débuter qu'elle tutoie déjà des sommets.
Alban Dereyer et sa guitare acoustique rejoignent la scène pour la deuxième partie de cette première partie. Secondé à la guitare par le trapéziste musical KidsAreDead, l'artiste nous propose un set (toujours en anglais) tout en sensibilité et en générosité, ce malgré quelques légères imperfections et, semble-t-il, un peu de trac. Je crois bien qu'il s'agit de ma première occasion d'entendre chanter Alban D et le bonhomme me touche par l'intensité et la sensibilité qui se dégage de cette prestation. Là aussi, je suis très touché et me dit qu'il me faudra me pencher de plus près sur son oeuvre. Respect Mister Dereyer, et merci !
Première pause de cette soirée. La cuisine est prise d'assaut pour un petit encas et quelques verres de vin, la cage d'escalier et sa fenêtre donnant sur cours, deviennent le fumatorium à la mode et j'ai le plaisir d'y retrouver Mr Go pour prendre des nouvelles d'harmonie après sa prestation remarquable de la veille.
Première partie de la deuxième partie : Erica Buettner, sa voix claire, sa douceur, son charme et son banjo prennent possession de la scène, ce derrière l'inscription « Erica » composée gentiment à même le sol avec les pièces d'un domino par Dana Boulé. La chanteuse folk américaine a la délicatesse de longuement expliquer en français le contexte et la signification des chansons qu'elle va nous interpréter en anglais. Parmi ces titres, le poignant « No land's man ». et « when it goes » (?) continuent à me faire planer, à me laver des soucis de la semaine, à me transporter loin, à me sentir Bien.
La belle est ensuite rejointe par ses teammates du groupe « The resident cards » : l'explosive niouillorcaise Dana Boulé à l'accordéon et Don Cristian Sotomayor avec sa batterie de jouets percussifs. C'est à ce moment que surgit le seul incident de la soirée : une corde de banjo vient de rendre l'âme... The Resident cards, je n'étais pas au courant de leur existence mais je me rends très vite compte que cet alliage international est absolument magnifique, débordant de complicité, les voix des deux chanteuses se mariant à merveille. J'ai une subite envie de prendre la main de ma voisine de droite, mais son voisin de droite m'a précédé. Je me concentre à nouveau sur ce set qui se termine avec une prestation de Dana Boulé à l'accordéon alors qu'Erica écrit à sont tour « Dana « avec les pièces de dominos au pied de son amie. C'est plus fort qu'elle, Dana se lève, chante de tout son coeur tout en jouant de son instrument, j'ai peur qu'elle en oublie la faible hauteur de plafond et qu'elle ne se cogne. Non, tout se passe bien, très Bien même. C'est magnifique et l'ensemble reçoit de chaleureux applaudissements.
Deuxième pause et retour au fumatorium alors que débarque enfin le trublion de Picpus : Flop himself. Les discussions tournent autour de l'excellence de la soirée et, bien entendu, de la grande qualité de sa partie musicale. Quelqu'un me dit qu'il est bien dommage que la soirée s'achève ainsi, je lui rétorque que le meilleur est certainement à venir tout en lui rappelant la présence de la harpe d'Emmanuelle Parrenin. Un autre vient me voir et après quelques échanges le dialogue est assez significatif de l'aspect parfois surréaliste de cette soirée :
Lui : Comment as-tu été au courant de l'organisation de cette soirée ?
Moi : C'est assez long, mais à la base tout vient du fait que je sois un grand fan de Prince.… J'ai adoré le set des Resident cards . Dana Boulé est une artiste fantastique. Et toi, tu l'avais déjà vue et entendue chanter ?
Lui : oui, depuis longtemps, c'est ma femme.
La troisième partie, va bientôt débuter et je suis une nouvelle fois très ému : Emmanuelle Parrenin va entrer sur scène, lien parfait avec la fabuleuse Bienséance 1. J'ai une profonde admiration pour cette artiste, sa voix, son « univers » musical, sa poésie. Il est d'autant plus plaisant de la voir s'exprimer avec ces jeunes compagnons de jeux, les mêmes que lors de cette soirée magique de l'été 2008 : le Kid de Clouange, Cristian S et un Flop qui adoptera l'ultime position Bienséante, faisant une partie des choeurs allongé sur le sol (sur le dos, rassurez-vous). Malgré un léger flottement lié à un oubli dans les paroles, la stellaire Emmanuelle Parrenin a transformé l'immeuble en nouvelle « Maison rose », ce en attendant son prochain album et la visite de la tant espérée « Maison cube ». Le répertoire, totalement francophone, allie pour notre plus grand plaisir poésie, jeux vocaux et instrumentaux. Public et musiciens sont entièrement tournés et captivés par cette légende vivante du folk, totalement habitée par son art. L'atmosphère ambiante allie convivialité connivence et extrême attention. Je me laisse bercer, je ne veux pas que cela s'arrête. Cela tombe Bien, Flop non plus ne veux pas s'arrêter et entame un set où le public fut invité à la fois à choisir lui même parmi les presque tubes de son imposant répertoire mais aussi à reprendre les refrains en choeur. Face puis au milieu de ses fans, Flop apporte une touche finale ludique et souriante à cette formidable soirée musicale qui dura donc près de trois heures.
Alors que je reprends un verre et ma conversation avec Mr Go, on me prévient du début imminent... de l'aftershow !
Effectivement, un aftershow débridé débute avec KidsAreDead qui reprend sa guitare et « Billie Jean » de feu MJ, accompagné notamment par mon pote V2P qui s'essaiera, avec un tout petit peu moins de talent que le Kid de Clouange, à des reprises de Prince.
Un dancefloor s'installe ensuite avec un brûlant « One nation under a groove » de George Clinton tandis que les premières personnes prennent congés, heureuses d'avoir assisté et participé à une telle soirée. Je suis parti aux alentours de 3h du mat', le sourire aux lèvres, le coeur léger, comme à l'issue de la Bienséance 1.
Vivement la Bienséance 3...

Merci à tous... pour tout !

vendredi 15 janvier 2010

Bienfaisance 3.5 à la Java le 04/02/2010 : SuperBravo - Mr Go & Mr Ma





Avant goût des Jeux Olympiques d'hiver, le grand froid qui sévissait sur la capitale avait fortement freiné mes sorties nocturnes, mais il était inenvisageable qu'il m'empêche de me rendre à la Java, rue du Faubourg du Temple, pour cette soirée Bienfaisance 3.5 organisée par le mythique label « Les Disques Bien ».
Après plusieurs et vaines tentatives (« Putain Jo, je te connais depuis vingt ans et je SAIS que ces soirées sont faites pour toi »), un de mes meilleurs amis, Jo donc, s'était enfin décidé à venir tester la « Bienfaisance ixpirience ». Il en est reparti délicieusement conquis par l'originalité et la qualité des prestations offertes, ainsi que par l'épatante et chaleureuse convivialité inhérente à ces soirées. Une convivialité qui débuta dès le pas de la porte d'entrée de La Java avec l'amical accueil de Flop et des charmantes hôtesses Bien. La porte franchie, les affres du quotidien hivernal s'oublient au fur et à mesure que l'on descend l'élégant escalier double qui mène vers la salle, cet euphorisant a encore fait son bienfaisant effet ce soir là.
Au bar, les discussions allaient bon train autour des innombrables rumeurs et questions qui accompagnent chaque venue de la chanteuse synthétique Harmonie dans la capitale. Est-elle venue en jet privé, dans un bus spécial depuis la Creuse ou anonymement dans un train lambda ? Accompagnée par Mr Go et Mr Ma certes, est-elle venue avec son ou sa fiancé(e) ? Est-elle installée dans un palace parisien ou bien calfeutrée dans un appartement du Pré Saint Gervais ? Où se déroule l'hypothétique aftershow ? Quid de la setlist et d'éventuelles nouveautés ? Mr Go a-t-il grossi ? Le set sera-t-il immortalisé par quelques cameras miniatures du CRNS (Centre de Recherche Non Subventionné des Disques Bien) ou, bien pire, par les rivaux du GRM (Groupe de Recherche Musical) de Radio France ?
Avant de me joindre à la conversation, je jette un coup d'oeil à la scène pour y voir l'imposant et antique magnétophone Revox Studer qui est déjà en place, front stage, bande magnétique chargée. Je me rapproche en loucedé et constate qu'Harmonie arbore une robe magnétique neuve du plus bel effet.
Seul, face à elle, dans un presque silence, je la regarde, elle me regarde. Je suis, malgré moi, en train de succomber à son charme magnétique.
Quelques instants plus tard, à 21h29, le moustachu monsieur Loyal de la soirée nous invite à prendre nos places (certes assises mais à même le plancher du dancefloor) et à nous délecter du fruit des recherches du CRNS, un fruit qui ne s'offre que trop rarement dans l'année : une représentation de Mr Go et Mr Ma.
21h32 : Mr Ma (rasé d'assez près de telle manière qu'il semblait avoir rajeuni d'au moins dix ans) fit son entrée sur scène suivi du sombre et énigmatique Mr Go. Il déclencha le Revox Studer et les trois artistes mirent une touche finale à leur préparation : Mr Ma finit d'accorder sa belle guitare blanche, Mr Go fit de même avec son ukelele, tandis qu'Harmonie se lança dans une inouïe séance de vocalises allant du très très grave au très très aigu, de Mariah Carey s'électrocutant à Ivan Rebroff grelottant de froid.
Ceci fait, la magnétique belle nous salua, nous remercia pour notre présence puis, charmeuse, nous enjôla par un « Vous êtes tous très beaux »... malheureusement conclu par un « et plus particulièrement Vincent Mougel » qui engendra un petit bruit, celui d'un gros bris sous la partie gauche de ma cage thoracique. Je tournai prestement la tête et constatai sur le visage de quelques voisins que mon coeur n'avait pas été le seul à s'être brisé. Quant au Kid de Clouange, effrontément « dragué » devant tout le monde, il remua légèrement la tête, avec un sourire un peu gêné, « à la » Prince.
Bref...
Heureusement, je n'ai pas eu vraiment le temps de m'appesantir sur cette déception, car je fus instantanément happé par un show hors du commun durant lequel Mr Go et Mr Ma et leur création se sont mis à nus, révélant tout du mystérieux centre de recherche du CRNS situé à Guéret (et tellement Bien camouflé qu'il reste introuvable via google earth). A travers un répertoire composé de quelques tubes d'Harmonie (les motherfuckers présents furent une nouvelle fois comblés par le « Enculeurs de maman », le très original et brillant solo aussi robotisé qu'hendrixien de ukulele) et de nouveaux titres dont certaines très aventureux nous amenèrent jusque dans la savane, nous avons su tout ce que nous espérions savoir de l'harmonieuse et palpitante vie quotidienne au sein du centre de Guéret. Il fut, par exemple, particulièrement plaisant de savoir, lors de la présentation très détaillée du ukelele de Mr Go, que le CRNS partage avec Prince l'amour du bois des forêts du Minnesota. A l'attention de ceux qui auront le bonheur d'assister à ce show, et pour préserver les effets des différentes surprises du show et le secret confidences faites par Harmonie, je n'évoquerais ici que les trois duos. Tout d'abord le stellaire duo vocal « amoureux » entre Harmonie et Mr Ma : très très sensuel, il m'a donné une gênante et perverse impression de voyeurisme. Ensuite, le duo entre Mr Go et Mr Ma, tout au long du spectacle, terriblement concentrés sur leur art et leur passion pour leur magnétique création. Enfin, le duo chorégraphié entre Harmonie et Mr Go : si le ludique Dharmonie Code fit notre ravissement l'année dernière, ce en version collective, il fut étincelant cette année avec Harmonie aux directives et Mr Go, seul, à la chorégraphie. Difficile de décrire cette incroyable performance dansée, si ce n'est qu'elle m'a fait regretter qu'elle ne fut pas présentée plus tôt, hélas, à notre cher patineur olympique Brian Joubert pour en faire son « programme court ». Nul doute que la modernité de cette expérience musicale alliée à cette gestuelle, aux petits pas en rythme et à l'élégance de la position « astral » eussent tôt fait de séduire les juges chargés de noter les épreuves olympiques de patinage artistique (oui, Flop, je sais, tout patinage est artistique ou aucun patinage ne l'est). C'est aussi Mr Go qui, dans une presque pénombre, fut chargé de clore le show en mettant fin au déroulement de la robe magnétique d'Harmonie..
Une nouvelle fois, le CRNS fit un triomphe, acclamé par un public pour le moins fasciné par cette expérience très originale, que j'ai trouvé encore meilleure que les précédentes (cela aussi est assez admirable), avec une mention spéciale pour le très élégant et inédit light show.
A mes côtés, Jo afficha un visage béat d'admiration. Bienvenue chez toi Jo !

Entracte avec mini réunion scopi-schkopi à laquelle vint se joindre le Kid de Clouange, aimanté par la vue orangée d'un CD de Variety Lab. C'est toujours un grand plaisir de vous voir girls&boys !

SuperBravo aka Armelle du brillant groupe « Holden » prit possession de la scène avec sa guitare pour le deuxième set de la soirée. Non sans humour, elle préféra nous prévenir qu'elle allait chanter en anglais et confessa qu'il était bien difficile de passer après une telle performance. Surtout, si la plongée psychologique et les titanesques et technologiques travaux, tant musical que de mise en scène, proposées par le CRNS pouvaient remémorer une version aussi puissante que minimaliste de « The wall » des Pink Floyd, la chanteuse eut le goût exquis de nous proposer une sublime cover de Syd Barrett : l'excellent « Wined and dined ». Malgré quelques soucis techniques qui troublèrent plus l'artiste que le très attentif public, SuperBravo et sa voix magnifique enveloppèrent chaudement La Java avec un répertoire pop délicat et précieux. C'était envoûtant, doux et beau. Un magnifique moment, auquel participa un brillant guitariste look rockabilly qui empoigna la fameuse guitare blanche de Mr Ma, et qui fut conclu... en français sur un titre d'Holden. Assurément, ce projet solo est une grande réussite et, pour moi, une très belle découverte. Une de plus lors des soirées « Bienfaisance » des disques Bien à la Java...

PS : Si la section archéologie du CRNS lit ces lignes, je lui suggère d'étudier attentivement au carbone 14 la fameuse guitare blanche de Mr Ma. Si ma mémoire ne me fait pas défaut, il me semble l'avoir déjà vue dans les mains d'une bonne vingtaine de musiciens, et pas des moindres, faisant de cet instrument un monument déjà historique de ce début de 21ème siècle.

mercredi 9 décembre 2009

Bienfaisance 3.4 à La Java le 07/01/2010 : Dana Boulé - Kidsaredead




Cette Bienfaisance 3.4, je l'attendais tout particulièrement, fébrilement. La présence d'un set (si rare) de Vincent Mougel aka KidsAreDead, souvent annoncé, régulièrement reporté, avait suscité une immense attente auprès de la fan base du Clouange sound.
C'est par un froid polaire que je retrouvais la chaleureuse équipe de la Java et la flopée de personnes Bien que je croise mensuellement lors des soirées Bienfaisance. Un peu plus d'une soixante dizaine de personnes avait bravé les intempéries et s'attardait au bar avant de rejoindre le devant de la mythique scène de la Java. Parmi elles se trouvaient une très imposante délégation des disques Bien, de fans de Prince (pas loin d'une dizaine) et de fans Mougelien (équipés d'une multitude d'appareil photos et de caméras) auxquels venaient s'ajouter les très sonores conversations en anglais de fans américains de la New Yorkaise Dana Boulé, l'autre étoile annoncée de la soirée. Au fil de mes rencontres et des discussions, je croise et salue un Vincent Mougel toujours aussi souriant. Je ressens alors un sentiment amusant : à quelques minutes du show, j'ai beaucoup plus le trac que lui.
21h34 : le constat est saisissant, comme les années précédentes, les médias du monde entier (ou presque) ont une nouvelle fois snobé la soirée « Bienfaisance » des disques Bien : moins fâcheux que consternant.
La B3.4 débuta par une première mondiale qui fera date, peut être, dans l'histoire de la musique pop: le premier concert de Ricky Hollywood & The Lowpets.. Je n'ai pas le temps de me placer et me trouve au fond de la salle au moment où Ricky, bellâtre blond surexcité, s'empare de la mythique scène de la Java, ce accompagné de charmantes danseuses déguisées en chattes blanches, faisant ainsi un lien parfait avec la décennie précédente et le survitaminé show du Club des chats, au même endroit. Ayant aperçu une ou deux fois le lascar en sideman lors de concerts Bien, je ne savais absolument pas quel registre il allait nous proposer. Placé derrière son synthé et son ordinateur gorgé de sons, il nous a proposé un set dansant qui m'a fait me replonger dans les années 80, mais peut être pas dans le répertoire qui égaya mes soirées de cette décennie qui fut celle de mes 13-23 ans. Ce fut un moment agréable, chaleureux par la voix, l'entrain et les inénarrables chorégraphies marsupilamiennes de Ricky Hollywood (j'ai repensé à l'excellent « La danse du Marsupilami » des Sax Pustuls). Totalement désinhibé au bout de quelques minutes, le sautillant et exalté Ricky fit remarquer, non sans humour (il en a beaucoup) : « Je ne comprends pas pourquoi vous ne dansez pas, pourtant c'est énorme ce que je vous envoies !».



Photo prise sur le vif par François Gallet aka French


Il faut Bien que je le reconnaisse, si le show m'amusait, il me tardait également qu'il s'achève afin de voir débarquer sur scène le grand pote de Ricky, le chantre adulé du Clouange sound, le mystérieux Grandmistakes, l'incomparable leader scénique des Variety lab, le kid surdoué et sideman prisé des disques Bien, le marsupilamien joueur de melodica de l'Est parisien, le genious du 57 et du 54, l'original DJ du « Jazz Montreux café » lors du pré-faux-aftershow de Prince, à la fois la pop star et l'anti pop star du 21ème siècle, le leader des KidsAreDead : Vincent Mougel.
22h11 : après avoir accompagné Ricky Hollywood sur un dernier titre, le KidsAreDead band prend tant bien que mal possession de la scène pour un set aussi brillant que rocambolesque. Le line up était composé d'authentiques lascars estampillés « Clouange sound generation » : Cyril Vettorato à la basse, Ricky Hollywood aux choeurs aux claps aux bongos au coeur et à la choré marsupilamienne, leur correspondant scolaire et musical chilien Cristian Sotomayor à la batterie, Vincent Mougel himself s'installant derrière ses deux claviers.
Passons rapidement sur l'aspect rocambolesque du set : l'imposant dispositif technique du band a suscité quelques soucis et retards et, malheureusement, une coupure intempestive du show : problème de pédale, problème de piles, "arrachage-tombé" des deux claviers qui n'ont pas résisté aux pulsions du jeune maître... Le public n'en a absolument pas tenu rigueur et est resté en mode "bouche bée" tout au long de la prestation, y compris la partie "américaine" du public qui fut pour le moins surprise et subjuguée par l'aura et le talent du Kid.
Cheveux courts, tenue aussi décontractée que faussement choisie au hasard (excellent le T-shirt purple Pauli avec l'indispensable tête de mort "Grandmistakes"), Vincent M nous a saisi d'entrée par sa pop bouillonnante et flamboyante, son immense talent vocal et son incroyable charisme. Il nous a guidé, avec humour, au fil de son répertoire pop aussi surprenant que brillant. Certains titres ont été retravaillés, d'autres moins, tous ont cependant suscité une sincère admiration : "Sistereo", l'incontournable tube "School returnz", le merveilleux et très princier "She loves me", l'inattendue reprise de Hall&Oates "Kiss on my list" (prolongation des covers jouées live à la radio dans les « Euphonies » sur Radio Campus), l'hymne »Playmobil Todd »...
L'incroyable musicalité de Vincent vous saute aux oreilles, tout autant que son charisme (plusieurs regards féminins brillaient lors de "She loves me")... mais moins que son incroyable voix qui vous saisit en moins de 8 dixièmes de seconde pour vous téléporter allègrement haut et loin.
La fin du set provoqua un brouhaha de commentaires admiratifs qui n'ont cessé jusqu'à la fin de la soirée, et se poursuivirent les jours suivants dans l'Est parisien. Voir KidsAreDead sur scène est véritablement bluffant, lumineux, énergisant, vivifiant. Ce jeune musicien est un Wizard, une true star.


Photo prise sur le vif par François Gallet aka French





Cependant... Oui, je me permets d'user d'un bémol.
Cependant donc, vu les talents du bonhomme je, et nous sommes encore plus en attente de quelque chose de plus abouti, sur scène comme sur disque (putain de merde, il n'y avait pas un skeud de KidsAreDead de disponible au stand merchandising après le concert).
Ce qui est véritablement déroutant lorsque l'on discute avec lui est qu'il semble évident que nous sommes tous beaucoup plus conscients de son « potentiel » que lui même. Sa plus que grande humilité est à l'opposé de la délicate cuistrerie d'un Tante Hortense, et plus encore du « Je peux me la péter grave et je me la pète grave» d'un Prince alors qu'il le pourrait, largement. Je ressens une terrible crainte, celle que le vif plaisir qu'il prend en tant que sideman à partager les jeux musicaux de tout un tas d'artistes (dont les Bien) ne transforme la KidsAreDead experience et le Clouange sound en quelques points virgules de son roman musical, que le prochain concert ne se déroule en avril 2013, qu'au final aucun album ne sorte...
Donc, à l'instar de certains fans princiers, je et nous souhaitons vivement la sortie d'un coffret numéroté et dédicacé comprenant la mise sur CD de la version remasterisée de tout le back catalogue « Clouange sound » proposés sur ses multiples sites myspace, quelques outtakes qui trainent dans la cave de la grand-mère à Clouange, une sélection de quelques titres et covers délivrées lors des « Euphonies » sur Radiocampus, et un T-shirt KidsAreDead avec une tête de mort.
La frustation est souvent présente chez les fans. Je suis un grand fan de KidsAreDead et donc ma frustration est pour l'instant TRES grande. Et encore, je n'évoque même pas celle à laquelle je ne m'attendais pas, engendrée par le fait qu'il n'ait même pas joué de guitare lors de ce set...

Bref...

Encore sous l'excitation de ce que nous venions d'entendre, il a fallu faire une pause dans les débats Mougeliens pour goûter le performance de Dana Boulé et les délicieux petits gâteaux qu'elle avait spécialement préparés à l'attention du public.
L'énergique chanteuse américaine se présenta à la tête des SOBS avec son complice et guitariste David Bixby et l'infatigable Cristian Sotomayor, pour un show en anglais brillant dynamique et chaleureux. Habitée par son art, la chanteuse accordéoniste et briseuse d'instruments en tous genres (un « shaker » fut concassé lors de cette B3.4) balaya un répertoire tantôt folk, tantôt quasi punk. Amusante dans la recherche de quelques mots en français, tchatchant avec gouaille et complicité avec ses compatriotes présents dans la salle, Dana s'est bien amusée et a largement fait partager son plaisir. Après un dernier titre en duo avec Vincent M et alors que nous pensions que le set était terminé, elle est finalement revenue sur scène pour un pur moment de grâce : s'accompagnant à l'accordéon, plus posée (en l'occurrence sur une chaise), elle enroba la Java d'un chant stellaire. Dana Boulé est dotée, non seulement d'un joli sourire et de vrais talents culinaires, mais aussi de multiples talents artistiques dont le chant. Dana chante très très Bien...

Le moustachu Monsieur Loyal des disques Bien reprit ses esprits et le micro pour annoncer le programme de la prochaine soirée de Bienfaisance prévue début février 2010, une annonce qui suscita quelques cris de joie :la divine Harmonie et ses sombres sbires Mr Go et Mr Ma sont annoncés...

jeudi 12 novembre 2009

Bienfaisance 3.3 à la Java le 03/12/2009 : Flop - Le club des chats




Cette Bienfaisance 3.3 était la dernière de l'année 2009, la dernière de la décennie 2000, elle fut un agréable et ludique voyage dans l'espace temps musical.
Lorsque le monsieur Loyal des disques Bien s'est adressé aux quelques dizaines de mélomanes présents à la Java (des Bienfaisants lovers, des fans de chats, des fans de Prince, des fans du club des chats, des fans du forum francophone des fans de Prince...), je me suis surpris à imaginer Patrice Blanc Francard ouvrant cette B3.3 comme il le faisait lors de la légendaire émission TV des années 70 « Pop 2 ». Je ne savais pas encore que cette soirée aurait très bien pu figurer dans « Pop 2 »... Certes, le public était bien moins nombreux que la veille pour la prestation de Mathieu Boogaerts, mais il a offert une qualité d'écoute qui a permis de rapidement s'évader du sombre et frileux quotidien de ce mois de décembre pour déguster les mystérieuses agapes musicales qui allaient lui être proposé.
Flóp avait, pour la 2 823ème fois, l'honneur de représenter le libre esprit artistique des disques Bien. En cette fin d'année, mon compteur musical qualitatif et quantitatif pour 2009 indique que Flóp fait à la fois partie de mon Top 4 des artistes que j'ai vu le plus souvent sur scène et que son disque « Tout le tremblement » fait partie du Top 2 des disques que j'ai le plus souvent écouté. Devrais-je en déduire que je suis fan ? Je ne sais pourquoi, mais je ne peux et ne veux toujours pas me résoudre à cette réalité... Si cette fin d'année engendre une certaine frustration quant à la non sortie de nouveaux disques du pourtant très prolifique Flóp (le Tremblement date du début de l'année), c'est avec le sourire aux lèvres que je me rends à ses shows. En effet, l'artiste Picpusien, pour son plaisir et le notre, met un point d'honneur à renouveler, lors de chacune de ses prestations, et son répertoire et la composition de l'équipe musicale invitée à partager ces moments.
J'avais été conquis par la radicalité et l'excellence de son duo avec Cristian Sotomayor lors de sa prestation quelques semaines auparavant en 1ère partie du show de Mathieu Boogaerts à la Java, cette fois-ci, il prit possession de la scène pour un show encore plus percussif mode double power trio, c'est à dire à 4. Confortablement installé sur le spot à droite de la scène avec une bonne pinte de bière, j'assiste alors à l'entrée en scène du « maître » qui s'installe sur la droite de la scène au milieu de ses jouets musicaux et derrière son micro. La gauche de la scène est occupée par Lori Sean Berg et sa batterie, prêts à battre la mesure de ce multicolore voyage musical. Derrière lui, Cristian Sotomayor et son sourire s'apprêtent à s'amuser de tous les instruments percussifs analogiques ou électroniques mis à sa disposition. Enfin, au centre se trouve le kid de Clouange aka Vincent Mougel, avec un synthé minimaliste (une torture de frustration, au moins pour ses fans), son grand talent vocal, et son jeu de jambes marsupilamien. Placer le lumineux kid de Clouange au centre, c'est assez osé, ou bien pensé si l'on souhaite oeuvrer dans l' »ombre »... Entre chanson française et dancehall en passant par une multitude de rythmes et de « genres » musicaux du XXème siècle, Flóp nous a offert quelques uns de ses plus beaux titres dont « Ils » (Eeels ?) et l'envoutant « Quoi » en duo-duel avec le Kid de Clouange. La fin du set fut également marquée par la très appréciée « guest appearance » de Christophe Rodomisto himself . Encore une fois, ce set Flópien fut un excellent moment.
Alors que, lors de la pause clope devant la Java entre les deux sets, je félicitais tout aussi chaleureusement que sincèrement le « quatuor Flóp », une sale nouvelle en provenance de Marseille vint interrompre notre aimable conversation : si Hatem Ben Arfa était heureusement toujours très décidé à rester au sein de l'effectif de l'Olympique de Marseille ; le docteur Socrates local, le cuistre délicat Tante Hortense venait de faire savoir que, atteint d'une grippe (pire que la « A », donc au moins alphabétique), il ne pouvait assurer son récital quelques jours plus tard à l'International » rue Moret à Paris. En deux minutes, l'affaire était conclue, Flóp allait le remplacer, mais en version trio sans Lori. Lors de ce show à l' »International », nul doute qu'il aura pu regretter l'incroyable qualité d'écoute du public averti de la Java...
Retour dans la Java et je bascule en 5 minutes dans les années 70 voire les années 60. Quelques jolis ballons de baudruche installés sur scène nous convieraient presque à un goûter d'enfants, deux petites batteries s'y font face alors que le percutant duo du CLUB DES CHATS allait entamer un des shows, si ce n'est LE show le plus surprenant de l'année auquel j'ai eu le privilège d'assister. Le répertoire est composé de macro chansons, voire de micro chansons aux textes rarement intelligibles, dans un orage de batteries quasi punk. Le duo se fait face pour un récital radical extraordinairement bien réglé, qui enchaîne (avec beaucoup d'humour) les micro-titres à toute vitesse, laissant une bonne partie du public dans un état extatique . La très énergique grosse demi-heure passé à l'écoute de ce club m'aura drôlement « retourné », laissé pantois comme après un « KO » musical, un peu comme le public qui a assisté aux concerts de Jimi H en 1ère partie de Johnny H (loin de moi l'idée de comparer Johnny H à Flóp...). Une heure à ce rythme eut été épuisante, mais là, c'était juste envoutant et prenant à souhait, ce fut un choc musical heureusement pas tout à fait désintégrant.
Le public prit alors son temps pour reprendre ses esprits, un verre au bar et le chemin du mirifique stand de merchandising des disques Bien qui fut lui même pris dans ce voyage musical et temporel de la B 3.3 : à côte d'authentiques 45 tours regroupant une multitude de micro-titres du Club des Chats, Flóp cotoyait Georges Brassens qui assurait les Kasdédi de son dernier live avec La Pompe Moderne tandis que la sono diffusait la musique de Duke Ellington...
Signe des temps.

vendredi 16 octobre 2009

Bienfaisance 3.2 à la Java le 05/11/2009 : Fred Poulet - David Scrima




Malgré la pluie, le froid, la crise économique, la défaite de l'aviron bayonnais et un horoscope défavorable, c'est avec le sourire que je me suis rendu rue du Faubourg du Temple pour goûter au mystérieux cocktail artistique concocté par le légendaire label les disques Bien, ce à l'occasion de leur mensuelle soirée « Bienfaisance » organisée à la Java.


21h30 : le moustachu Monsieur Loyal des disques Bien lance la soirée et annonce lentement, méthodiquement et précisément, les ingrédients artistiques du cocktail Bien 3.2.
21h31 : Je me faufile au milieu de la soixante dizaine de personnes présentes pour m'assoir tout devant, en face du micro : la première « pole position » de ma carrière Bienfaisante.
21h32 : David Scrima prend possession de la mythique scène de la Java, accompagné du très brillant guitariste Matthieu. Très décontracté dans sa tenue et son style, il semblait néanmoins légèrement anxieux quant à la qualité de sa voix et sa capacité à se rappeler de toutes les paroles de ses chansons : cette prestation l'aura assurément sur ces points. D'humeur légère après avoir goûter la veille aux rafraichissant répertoire de Richard Gotainer, j'ai pu instantanément me plonger dans cet univers chaleureux et amoureux qui aurait pu faire croire que nous étions en plein été indien, prêts à, pourquoi pas, se mettre tous « à oilpé ».
David Scrima a le « truc ».C'est non seulement le titre d'une de ses chansons mais également le constat que je me suis fait à l'issue du set : son « truc », c'est qu'il est LE « lover » des disques Bien. Déjà, lors du premier concert Scrimien auquel j'avais pu assisté, j'avais eu le plaisir de constater que les textes des chansons étaient en totale adéquation avec les très jolies jeunes femmes qui l'accompagnaient aux choeurs.
Première ravissante personne invitée à le rejoindre sur scène, la troublante Liza Manili fut elle-même troublée par un chat venue se placer au bien mauvais moment dans sa gorge. David l'embrassa.
Tout aussi souriante et charmante que Liza, Jil Caplan est venue offrir son grand talent et son magnifique timbre de voix pour un très joli duo. David l'embrassa, deux fois.
Ce fut autour de Thomas Marfisi de rejoindre David, pour quelques titres dont un, co-écrit, sur le thème de la surpuissance de la mort qui a brillamment conclut le set. Délicieusement looké années 70's, Thomas M fait penser à Julien Doré et/ou Jim Morrison. Il n'a pas seulement un look d'enfer, il a également une très belle voix qui m'a tout autant favorablement impressionné que réveillé en moi un aussi bas que fort sentiment de jalousie. David le Lover l'embrassa deux fois, puis encore deux fois.

Arrivée plus tardivement ou alors patientant au bar durant le show du Lover, la cinquantaine de personnes venue spécialement pour la prestation de Fred Poulet pris place sur le dancefloor de la Java. Parmi elles se trouvaient de nombreuses personnalités qui contribuent à faire des Bienfaisances à la Java la soirée la plus hype de Paris : la stellaire Emmanuelle Parrenin, le talentueux Vikash Dhorasoo, le groslandais Benoît Delepine aka Michael Kael, le vrai « French » François Gallet, Albin de la Simone, le sosie de Jodie Foster, Flop, les précieux fans de Prince du forum Schkopi, une nuée de jolie filles...

Très élégant dans sa chemise blanche et sa veste noire, c'est un Fred Poulet terriblement concentré sur son art qui monta sur la scène de la Java. Cette scène, cette salle, je sais qu'il l'apprécie tout particulièrement, notamment à l'occasion des soirées « Bienfaisance » dont on peut affirmer qu'il fait partie des habituels spectateurs et auditeurs mélomanes éclairés.
Fred Poulet avait demandé s'il pouvait jouer « fort » et faire « du bruit ». Cette autorisation en poche, il fut libre de s'exprimer à sa guise, dans sa poésie et sa gestuelle habitée, dans ce répertoire que je ne connaissais pas et qui m'a touché par sa beauté.
Pour atteindre définitivement le nirvana, il fallait que la musique et ses interprètes soient à la hauteur : le power trio chargé de guider et transcender Monsieur Poulet fut d'une qualité rare, par sa virtuosité, son inventivité, sa réaction, l'un des meilleurs qu'il me fut jamais donné de voir et entendre. Merci à lui, elle et lui.
Ce set fut donc absolument extraordinaire et a enchanté le public présent.
Sur le chemin du retour vers Ménilmuche, ce concert a suscité en moi une interrogation quant aux notions de « norme » et « hors norme » :

Dans les soirées « Bienfaisance », la norme est, pour mon plus grand plaisir, le hors norme,.
La prestation de Fred Poulet fut si fameuse et réussie à mon goût qu'elle dépasse la «norme » Bienfaisante
- Qu'est ce que le « hors norme » du « hors norme » ?
- Peut être bien la norme
- Peut être Bien la norme
- La norme peut être Bien
- Fred Poulet doit être un artiste Bien... Il faudra lui en reparler...certainement à l'occasion de la B3.3 où je ne doute pas de le recroiser au milieu du public.

La Bienfaisance 3.2 était donc « hors norme » car contrairement à la « norme» qui veut que la soirée propose les sets d'un artiste Bien et d'un invité, le cocktail B 3.2 fut uniquement composé d'artistes Bien : David « lover » Scrima et Fred Poulet.

Un cocktail aux effets particulièrement Bienfaisants